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Alphonse Allais suggérait ironiquement de construire les villes à la campagne. Dans un communiqué du 3/06/05, la FAO [1] suggère plutôt que l’agriculture trouve sa place en ville.
D’ici à 2030, selon le FAO, la quasi totalité de la croissance de la population sera concentrée dans les zones urbaines des pays en développement et près de 60 % des habitants des pays en développement vivront dans les villes.
Mais population urbaine ne veut pas dire richesse. « On estime que 1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour et près de 3 milliards avec moins de 2 dollars par jour » explique la FAO qui précise que « le taux de pauvreté dans la plupart des villes est en augmentation, et un nombre croissant de citadins éprouvent des difficultés pour accéder à la nourriture dont ils ont besoin. Dans de nombreux pays en développement, les pauvres des villes dépensent 60 % ou plus de leurs revenus pour l’alimentation ».
La FAO pointe en outre deux problèmes liés à l’urbanisation croissante des populations. D’une part, les mauvaises conditions de circulation provoque une déperdition des denrées alimentaires évaluée à 10 à 30 %. D’autre part, les styles de vie urbains conduisent nombre de personnes à consommer plus de graisses et moins de fibres, plus de "fast-food" et moins de repas fait maison.
A cet ensemble de problèmes, la FAO propose de s’attaquer en développant l’agriculture urbaine et périurbaine, dont elle estime qu’elle « fournit déjà de la nourriture à environ 700 millions de citadins, soit le quart de la population urbaine mondiale ».
« En augmentant la diversité et la qualité des aliments consommés, l’agriculture urbaine et périurbaine peut améliorer significativement les régimes alimentaires urbains » estime l’organisation, qui cite l’exemple de la ville de Dar es Salaam en Tanzanie, où 650 hectares sont utilisés pour la production maraîchère, fournissant un revenu à plus de 4 000 paysans et aussi le projet de la FAO à Dakar (Sénégal) d’encouragement de la culture des tomates sur les toits des immeubles (rendement entre 18 et 30 kilos par an).
Il s’agit là, très probablement, d’une orientation intéressante. Plus intéressante, certainement, que la politique consistant à tout miser sur une agriculture concentrée, extensive et dépendante des transports. Encore faudrait-il une véritable volonté politique d’ampleur pour surmonter les obstacles, que cite d’ailleurs la FAO pour conclure son communiqué : « l’incertitude sur les droits de propriété, l’accès insuffisant à une eau d’irrigation de qualité, l’insuffisance du savoir-faire et la faiblesse des investissements ».
[1] FAO : (Food and Agriculture Organisation)