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Depuis le 16ème siècle la partie sud-est de l’Inde, devenue l’état du Kerala en 1956, tient une place importante dans le commerce des épices.
Quand les cours mondiaux étaient bons, de nombreux paysans du Kerala ont consacré leurs énergies à la culture des épices, notamment cardamome, clous de girofle et, surtout, poivre auquel sont consacrés quelque 70.000 hectares.
Mais les cours ont fortement baissé, en particulier du fait de la concurrence du Vietnam qui produit maintenant toutes les épices traditionnelles de l’Inde.
Il fut un temps où le quintal de poivre pouvait atteindre 27.000 roupies, mais il est maintenant tombé à 5.000 roupies.
Des accords de libéralisation du commerce ont même provoqué un retournement de situation puisque l’Inde, est maintenant devenue importatrice d’épices.
La baisse des prix provoque des drames chez les paysans endettés. Dans le seul district de Wayanad (le "paradis vert"), une centaine d’entre eux se sont suicidés en 2004, un drame qui a contraint le gouvernement à garantir momentanément un prix d’achat minimum, mais qui ne peut trouver de solution durable.
Comme l’explique BBC News, « le problème des cultivateurs du poivre est symptomatique de ce que toute l’agriculture indienne est en train de vivre. Les paysans augmentent les surfaces des productions dont les cours mondiaux montent, mais sont dans l’incapacité de faire face quand intervient une baisse des prix. Dans les dernières années, au Kerala, des champs de riz ont été transformés en plantations de bananes. Une mauvaise récolte à Madagascar a poussé de nombreux paysans à se tourner vers la culture de la vanille. Le gouvernement dit aux paysans Indiens qu’ils doivent relever les grands défis que pose le libre commerce. Mais il ne leur a pas été en mesure de leur expliquer comment ».