Elections au Pays Basque

lundi 18 avril 2005.par Philippe Ladame
 
Le scrutin qui s’est déroulé ce week-end au Pays Basque pourrait être porteur d’évolutions significatives.

Avec une participation moyenne (69 % contre 80 % en 2001), l’équilibre des forces nationalistes/non nationalistes au Parlement autonome basque n’est pas fondamentalement modifié. Mais les petits déplacements de voix observés pourraient avoir des conséquences sensibles.

Les nationalistes institutionnels du PNV-EA emportent 29 sièges, ce qui les laisse loin de la majorité absolue (38 sièges) et en perte de 4 sièges. Les socialistes réalisent un bon score et passent de 13 à 18 sièges, après avoir récupéré probablement les voix des conservateurs du Parti populaire, qui tombe de 19 à 15 sièges. Le Parti communiste des terres basques (Ehak), pour lequel Batasuna, vitrine politique d’ETA, interdite en mars 2003 a appelé à voter, recueille 12,5% des suffrages et obtient 9 sièges.

Dans un article publié par RFI du 18/04/05, Valérie Lainé analyse le scrutin.

« Juan Jose Ibarretxe, le chef du gouvernement basque, espérait voir son plan conforté à l’occasion de ces élections par la volonté populaire. Il faisait de ce scrutin un test pour sa proposition d’Etat libre associé à l’Espagne. » Ce projet avait reçu l’aval du parlement basque mais, qualifié de sécessioniste par le chef du gouvernement espagnol, il avait été refusé par les Cortes de Madrid au mois de février.

« Hier, poursuit Valérie Lainé, le chef des nationalistes modérés n’a pas obtenu le soutien qu’il espérait. Non seulement la majorité absolue lui échappe mais il recule par rapport aux élections précédentes. Et sa position est d’autant plus inconfortable qu’il est, plus encore qu’avant, soumis à la pression des indépendantistes. »

Valérie Lainé voit dans la progression des socialistes et le recul des conservateurs un élément d’évolution possible. « Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero est d’accord pour réformer les statuts des autonomies locales au contraire de son prédécesseur conservateur José Maria Aznar qui prêchait le statu quo. Il devrait pouvoir profiter d’une relative accalmie du côté d’ETA, affaiblie par les arrestations et la baisse des ressources financières. »

La journaliste conclut que « toutes ces conditions créent une ouverture dans un dossier qu’aucun dirigeant espagnol n’est parvenu à faire évoluer depuis plus de 35 ans. Une ouverture qui laisse entrevoir un avenir plus démocratique dans une région qui vit toujours sous la menace du terrorisme, près de 3 000 personnes sous escorte permanente, de bien plus nombreuses encore qui ont choisi l’exil, sans oublier l’impôt révolutionnaire et la pression quotidienne des nationalistes qui passe notamment par une obligation de plus en plus sévère de la pratique de la langue basque. José Luis Rodriguez Zapatero, arrivé au pouvoir il y a exactement un an après les dramatiques attentats du mois de mars, pourrait bien avoir à nouveau rendez-vous avec l’histoire. »

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