Plabennec (Pays de Brest) 400 personnes pour dire non à l’ usine à lisier

"Non à l’usine, ici ou ailleurs !"
mardi 7 septembre 2004.par Michel Briand
 
Le canton de Plabennec est situé en Zone d’excédents structurels (ZES) et les exploitations qui produisent plus de 12.500 unités d’azote sont dans l’obligation de traiter leurs excédents.

Reprise de l’article publié sur Brest-ouvert.net par Christain Bucher sous licence creative commons

La réglementation oblige aux élèveurs concernés à mettre en place des programmes de traitement du lisier excédentaire pour 2006.

Du coup, plusieurs projets collectifs voient simultanément le jour (à Plouguin, Plouvien, et Plabennec)

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La manifestation de samedi

La mobilisation est forte à Plabennec contre un projet industriel de traitement de lisier.

L’enquête publique vient de débuter à Plabennec et dans les communes environnantes sur la création d’une usine à lisier, projet issu de Val Ouest devenu entre temps la société COMETHE. 100 éleveurs du pays de Brest et des Abers, (130 000 m3 de lisier traités annuellement) sont concernés par ce projet de traitement collectif de lisier. Autant de projets où les éleveurs eux mêmes sont pieds et poings liés à des logiques industrielles qui leur échappent et où les véritables décisions se prennent sans eux.

Quelques jours après la réunion d’information sur le projet d’implantation d’une usine de traitement du lisier qui avait déjà réuni beaucoup de monde, 400 opposants au projet d’usine à lisier, ont défilé, le samedi 4 décembre, à travers les rues de Plabennec.

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Cette manifestation est un succès pour l’association Stang Marc’h qui fédère localement les opposants à ce nouveau projet industriel de traitement du lisier, directemnt piloté par la chambre d’agriculture.

Toutes générations et origines professionnelles ou sociales confondus, le cortège a parcouru les rues de Plabennce dans une ambiance bonne enfant mais déterminée. "Non à l’usine, ici ou ailleurs" était le slogan le plsu repris sur des pancartes remis à chaque adhérent de l’association Stang Marc’h qui étaient brandies à bout de bras.

La veille au soir, un commando, non identifié, avait parcouru la commune pour arracher ces pancartes dispersées, ici ou là dans, bien visibles dans la commune.

Partis de la place du champ de foire sous un soleil radieux, les manifestants sont passés successivement devant l’agence du crédit mutuel de Bretagne puis celle du Crédit agricole, deux banques qui sont impliquées dans le montage financier du projet.

Au terme de leur parcours, une délégation a été reçue par le maire, Louis Coz. A l’issue de leur entrevue, les porte-parole de l’association ont indiqué que, selon le maire, le conseil général du Finistère ne s’engagerait plus qu’à soutenir individuellement les éleveurs dans le programme de résorbtion des excédents de lisier, et non pas directement les porteurs de projets industriels. Un point particulièrement important lorsque l’on sait que ces solutions de traitement collectif peuvent, en principe, être subventionnées à hauteur de 33 % des investissements.

Il a aussi indiqué que les travaux de voirie pour faciliter l’accès à l’usine ne seraient pas pris en charge par la commune de Plabennnec.

L’espoir renaît donc aujourd’hui à Plabennec de voir ce projet s’éloigner. Un retrait de ce projet serait, à coup sur, après les échecs d’installation industriels de traitement du lisier, à titre provisoire ou définitif, de Milizac, de Lannilis et sans doute Plouguin, une autre bonne nouvelle pour l’environnement et l’avenir de l’élevage en Bretagne.

Il va sans dire que le résultat de ce "bras de fer", cette "guerre d’usure" est capital. la réussite ou l’échec des mobilisations en cours pré-déterminera, sans aucun doute, le devenir de l’industrialisation de tout l’élevage breton.

Les dégats de cette industrialisation en cours sont déjà très élevés en terme d’environnement, de santé publique, d’emplois de chefs d’exploitation.

Ils commencent à être pris en compte par une part grandissante de la société bretonne, au delà des cercles écologistes militants.

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