Pollution de l’eau

jeudi 7 avril 2005.par Philippe Ladame
 
La "loi sur l’eau" en débat en France est vivement critiquée par les associations ...

Que Choisir a publié, le 4/04/05, un article détaillé sur la question.

Rappelant que les deux principales sources de pollution sont les émissions de nitrates et de pesticides, Que Choisir précise que concernant les nitrates, 22 % des points de surveillance des eaux douces sont menacés et 11% sont fortement pollués. 76 départements sont désormais classés en zone vulnérable. Entre 1992 et 2001, 32 % des points de captage observés ont présenté une augmentation significative du taux de nitrate.

Pour les pesticides, seuls 5 % des points présentent des concentrations compatibles avec le développement sans risque de la vie aquatique et avec l’usage « eau potable ».

La revue explique ensuite que, en France, le dispositif pour améliorer la qualité de l’eau consiste, pour l’essentiel, à subventionner les investissements communaux dédiés à la dépollution et à l’assainissement de l’eau. Ce sont les agences de l’eau, créées en 1964, qui organisent ce dispositif, utilisant les redevances qu’elles perçoivent, et disposant, à ce titre, d’un budget d’1,8 milliard d’euros par an.

Le niveau de pollution augmentant, le coût du traitement augmente lui aussi, ce qui explique que, au cours des 15 dernières années, le prix moyen de l’eau a plus que doublé.

C’est, logiquement, le poste "redevance pollution" qui a le plus augmenté (+ 41.5% entre 94 et 99, comme l’indique un des tableaux présentés par la revue).

Une redevance qui est bien loin d’appliquer le principe pollueur-payeur, comme l’indique cet autre tableau :

Part de
pollutionmasse organique
Part de
pollution
nitrates
Part de
pollution
pesticides
Redevance
pollution
Consommateurs
35 %
20 %
10 %
89 %
Agriculteurs
33 %
74 %
90 %
1 %
Industriels
32 %
6 %
-
10 %
(Source IFEN - agreste - Agence de l’eau- Sénat)

Que Choisir explique enfin qu’une autre voie est possible. Ainsi « dans le domaine agricole, plusieurs pays européens (Suède, Norvège, Danemark et Pays Bas) ont mis en place une taxe sur la pollution des eaux par les nitrates ou par les pesticides. Dans ces pays, pour un doublement de la taxe, la diminution de la pollution par les nitrates est comprise, selon les cas, entre 15 % et 50 %. Dans le domaine des pesticides, la taxation à hauteur de 20 % au Danemark a entraîné une diminution de 5 à 10 % des consommations de produits phytosanitaires. En Norvège, un autre système de taxation, segmenté et complexe, a induit une baisse de 54 % des ventes de pesticides entre 1985 et 1994. »

Lire aussi l’article de Gaelle Dupont paru dans Le Monde daté du 7/04/05.

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