L’Ecole face aux restrictions budgétaires

dimanche 6 mars 2005.par Philippe Ladame
 
Le projet Fillon, qui prétend « restaurer l’autorité des enseignants », s’accompagne de restrictions des moyens qui amplifient le malaise.

Le Monde, en date du 5/03/05, signale un événement rare, signe des tensions que vit l’Education Nationale en ce moment.

Nicole Belloubet-Frier, 50 ans, responsable des services de l’éducation nationale dans l’académie de Toulouse, a demandé à être remplacée, jugeant ne pas disposer de moyens suffisants pour accomplir correctement sa mission.

« La raison de ma démission réside, aujourd’hui, dans la difficulté de plus en plus certaine à assurer une continuité dans le discours pédagogique que j’ai porté (...) et dans la capacité à affirmer une cohérence entre des ambitions affichées et des actes posés concrètement », indique Mme Belloubet-Frier dans un courrier envoyé aux cadres de l’académie.

Elle explique avoir pris cette « décision difficile » parce qu’elle pouvait « trouver désormais la force de conviction suffisante pour servir le ministère de l’éducation nationale au niveau de détermination qu’exige ma conception de l’éthique professionnelle ».

Mme Belloubet-Frier a été nommée il y a cinq ans à Toulouse par le gouvernement de Lionel Jospin. Ces trois dernières années, explique Le Monde, l’académie a perdu plusieurs centaines de postes d’enseignant alors même que ses effectifs d’élèves restaient stables. Ce cas de figure n’est pas isolé, puisqu’on observe une évolution assez comparable en Bretagne.

Les réductions de "dotations globales horaires", pourtant déjà sévères l’an dernier, sont à nouveau à l’ordre du jour, et à peu près dans la même proportion, alors que les rectorats et les établissements préparent l’année 2005-2006.

Elles imposent aux responsables de supprimer les dispositifs pédagogiques diversifiés qui avait parfois pu être mis en place et d’augmenter les effectifs dans les classes.

Ces restrictions, autant que le tour de vis autoritaire qu’incarne le "projet Fillon", provoquent, à l’évidence un malaise croissant dans les établissements.

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