Goro Nickel : l’intoxication avant même le tuyau

lundi 21 juillet 2008.par Yves Caron
 
Depuis des mois que les tribus locales résistent, l’entrepreneur a permis un coup d’intox de grande envergure... Le bidonnage a fait long feu.
C’est le 11 juillet que le seul quotidien calédonien, de droite et loyaliste (comme il se doit), s’est permis de titrer "Tous d’accord pour le tuyau". Il s’agit de ce fameux tuyau d’effluents lié au projet minier du sud de la Grande terre dont la construction est bloquée. Les tribus locales et leurs soutiens sont inquiets quant à sa nocivité et, plus généralement, quant au devenir écologique de la région. Goro Nickel a essayé plusieurs stratégies de séduction. Au-delà d’invitations et de contreparties plutôt farfelues, il y a eu un fort mécénat, l’investissement dans l’éducation, et encore récemment beaucoup de belles et chères pages de publicités. Rien n’y a fait : les populations ne sont toujours pas d’accord et estiment manquer de vraies garanties. L’industriel, aimant bien les populations autochtones mais préférant tout compte fait son portefeuille met de plus en plus la pression, parlant de période limite pour la fin du chantier et la mise en production, insistant pour imposer ce tuyau comme étant la seule solution responsable... Jusqu’à ce coup avec les "Nouvelles Calédoniennes" : celles-ci avaient déjà relayé très complaisamment les propos de l’industriel, d’une façon tout à fait disproportionnée par rapport à la parole des populations locales (le quotidien est d’ailleurs en procès avec un des principaux opposants au tuyau, Raphaël Mapou, suite à un précédent mensonge éhonté et diffamatoire du journal). Cette fois-ci, de nouveau, interview unilatérale avec les responsables du projet. Eux-mêmes font état d’avancées, tout en multipliant les témoignages d’écoute et d’attention. Les Nouvelles, elles, ont donc osé titrer sur un accord qui n’est encore qu’un rêve des investisseurs, et qui dans les faits manifeste une fois de plus un mépris réel envers les populations locales, kanak, et leurs négociateurs du comité Rheebù Nùù.

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