Amiante : un lanceur d’alerte mis en cause

vendredi 11 juillet 2008.par Philippe Ladame
 
L’un des représentants de l’association des victimes françaises de l’amiante est traîné en justice par le lobby canadien pro-amiante.

La nouvelle a été publiée par André Cicolella, l’un des membres de la commission Santé des Verts, le 11/07/08 :

Le principal lobby canadien de l’amiante reproche à François Desriaux d’avoir qualifié, sur le site web de l’ANDEVA, l’Institut de l’amiante d’ "organe très actif de propagande et de corruption".

Une plainte vient d’être déposée au pénal, contre M. Desriaux, par l’Institut du chrysotile pour "diffamation publique envers un particulier".

François Desriaux, un des principaux animateurs de l’ANDEVA, l’association française des victimes de l’amiante, comparaîtra prochainement devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

L’Institut de l’amiante a été créé en 1984 et rebaptisé ultérieurement Institut du chrysotile. Il bénéficie du soutien financier du gouvernement canadien, ce qui lui permet notamment de mener des campagnes de désinformation pour éviter l’interdiction de l’amiante à l’échelle mondiale. Entre 1984 et 2007, il a touché plus de 19 millions de dollars canadiens comme subventions du gouvernement fédéral. Il bénéficie également de financements de la province du Québec, où sont localisées les dernières mines d’amiante en activités du Canada.

Il faut un certain cynisme pour s’attaquer aux 17.000 victimes de maladies provoquées par l’amiante qui sont organisées dans l’ANDEVA. La dénonciation des coupables de leurs souffrances et de leurs complices devient de la diffamation !

Le Canada a produit environ 60 millions de tonnes d’amiante tout au long du XXe siècle. Cela représente un peu plus d’un tiers de la production mondiale cumulée. A ce titre, il porte une responsabilité importante dans ce crime de masse qu’a été, et que reste dans bien des pays, l’utilisation de l’amiante. Les exportations d’amiante canadien ont vraisemblablement contribué au décès de centaines de milliers de personnes. Les autorités canadiennes n’ignorent rien des dangers de l’amiante. Elles ont limité drastiquement toute utilisation de cette substance dans leur propre pays. La quasi-totalité de la production est destinée à l’exportation. Les destinataires principaux sont des pays où les conditions de travail ne permettent aucune prévention efficace. Il s’agit principalement de l’Inde, de la Thaïlande et de l’Indonésie.

André CICOLELLA

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