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L’Ifen (Institut français de l’environnement) a consacré au transport aérien passagers son numéro 97 de "Données de l’Environnement" (.pdf 188Ko de novembre 2004).
En 12 ans, la quantité de CO2 émis par les avions ramenée au passager-kilomètre a sensiblement diminué, passant de quelque 170 grammes à 140 grammes. Cette évolution est due aux efforts des compagnies, sur le plan technique et de gestion de la flotte, pour réduire la facture de carburant qui représente 10 à 15% de leurs coûts.
La quantité de CO2 émis reste cependant sensiblement supérieure à celle de l’automobiliste-kilomètre (qui est de 100 grammes en moyenne). Dans son communiqué de presse, l’Ifen précise : « Les émissions indirectes liées à la construction des véhicules, au raffinage et au transport de pétrole sont plus importantes pour la voiture. Même en les prenant en compte, on trouve encore pour l’avion un excédent d’émissions au passager/km de 16% par rapport à la voiture. »
Le transport aérien de voyageurs n’émet pas que du CO2 : les oxydes d’azote (NOx) émis par les avions réagissent rapidement et ont un impact sur l’effet de serre à la fois réchauffant par la formation d’ozone troposphérique (O3) et refroidissant par la dégradation du méthane (CH4). La vapeur d’eau (H2O) émise à l’altitude des avions contribue, quant à elle, directement et surtout indirectement, par la formation de traînées et de cirrus, à l’effet de serre.
A ce sujet le rapport de l’Ifen signale, en encart, que « à la suite des attentats du 11 septembre 2001, il est apparu que, pendant les trois jours sans avion dans le ciel américain, l’écart de température entre le jour et la nuit a augmenté de 1 à 2 °C sur l’ensemble des Etats-Unis. » Précisant que la durée est trop courte pour apporter une preuve scientifique, le rapport présente cette constatation comme une confirmation de l’hypothèse du GIEC [1] suivant laquelle l’aviation contribue à la formation de cirrus qui réduisent la perte de chaleur la nuit et atténuent la hausse des températures diurnes.
Faisant le bilan global, l’Ifen conclut que « les progrès techniques n’ont pas compenser les effets de la hausse du trafic. » et s’interroge sur la suite. Après une forte augmentation dans les années 90 le trafic aérien a connu un plateau depuis le 11 septembre 2001. L’institut pronostique, si les choses suivent leur cours "naturel", une multiplication par 2.4 des émissions de CO2 d’ici 2030. Il précise cependant : « Toutefois, une évolution du prix du pétrole ou l’introduction d’une taxe "climatique" pourraient freiner la croissance de la demande, surtout pour les déplacements de tourisme. »
[1] GIEC : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat
Bonjour.
1) Concernant la remarque selon laquelle l’écart de température aurait augmenté entre le jour et la nuit lorsqu’aucun avion ne circulait au-dessus des USA, pourquoi supposez-vous que les cirrus diminuent le refroidissement la nuit sans préciser qu’ils diminuent le réchauffement le jour (car ils diffusent la part visible du spectre solaire). Il est évident qu’une couverture nuageuse à basse altitude diminue globalement la température en-dessous d’elle-même mais diminue également les écarts de température entre le jour et la nuit.
2) Concernant la formation des cirrus produits par la vapeur d’eau émise par les avion, n’est-ce pas préférable que l’eau dans l’atmosphère soit présente sous la forme de goutellettes d’eau ou de glace plutot que de vapeur. Cette dernière n’ayant aucun impact sur la lumière incidente du solei masi retenant bien le rayonnement terrestre. Donc la vapeur d’eau des voiture qui reste sous forme de vapeur serait plus néfaste que celle émise par les avions, non ?
3) La durée de vie de la vapeur d’eau émise par les activités humaines est de très courte durée et se noie dans les émmissions naturelles liées à l’évaporation au-dessus des océans. Par contre la durée de vie du CO2 émmis à partir des carburants fossiles est de plusieurs milliers d’années et s’accumule au fil des décennies et des siècle. Donc le CO2 est beaucoup plus important sur le réchauffement climatique global que la vapeur d’eau qui n’aura un effet que quelques jours avant d’être noyée dans la vapeur naturelle.
Avez-vous des réponses convaincantes pour justifier que les émissions des avion sont plus néfastes que les émmissions des voitures ?
Meilleures salutations
P. Lambelet [email protected]