Transport aérien et effet de serre

dimanche 12 décembre 2004.par Philippe Ladame
 
L’aviation commerciale émet 2,5% des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) dues aux activités humaines, soit 550 millions de tonnes par an.

L’Ifen (Institut français de l’environnement) a consacré au transport aérien passagers son numéro 97 de "Données de l’Environnement" (.pdf 188Ko de novembre 2004).

En 12 ans, la quantité de CO2 émis par les avions ramenée au passager-kilomètre a sensiblement diminué, passant de quelque 170 grammes à 140 grammes. Cette évolution est due aux efforts des compagnies, sur le plan technique et de gestion de la flotte, pour réduire la facture de carburant qui représente 10 à 15% de leurs coûts.

La quantité de CO2 émis reste cependant sensiblement supérieure à celle de l’automobiliste-kilomètre (qui est de 100 grammes en moyenne). Dans son communiqué de presse, l’Ifen précise : « Les émissions indirectes liées à la construction des véhicules, au raffinage et au transport de pétrole sont plus importantes pour la voiture. Même en les prenant en compte, on trouve encore pour l’avion un excédent d’émissions au passager/km de 16% par rapport à la voiture. »

Le transport aérien de voyageurs n’émet pas que du CO2 : les oxydes d’azote (NOx) émis par les avions réagissent rapidement et ont un impact sur l’effet de serre à la fois réchauffant par la formation d’ozone troposphérique (O3) et refroidissant par la dégradation du méthane (CH4). La vapeur d’eau (H2O) émise à l’altitude des avions contribue, quant à elle, directement et surtout indirectement, par la formation de traînées et de cirrus, à l’effet de serre.

A ce sujet le rapport de l’Ifen signale, en encart, que « à la suite des attentats du 11 septembre 2001, il est apparu que, pendant les trois jours sans avion dans le ciel américain, l’écart de température entre le jour et la nuit a augmenté de 1 à 2 °C sur l’ensemble des Etats-Unis. » Précisant que la durée est trop courte pour apporter une preuve scientifique, le rapport présente cette constatation comme une confirmation de l’hypothèse du GIEC [1] suivant laquelle l’aviation contribue à la formation de cirrus qui réduisent la perte de chaleur la nuit et atténuent la hausse des températures diurnes.

Faisant le bilan global, l’Ifen conclut que « les progrès techniques n’ont pas compenser les effets de la hausse du trafic. » et s’interroge sur la suite. Après une forte augmentation dans les années 90 le trafic aérien a connu un plateau depuis le 11 septembre 2001. L’institut pronostique, si les choses suivent leur cours "naturel", une multiplication par 2.4 des émissions de CO2 d’ici 2030. Il précise cependant : « Toutefois, une évolution du prix du pétrole ou l’introduction d’une taxe "climatique" pourraient freiner la croissance de la demande, surtout pour les déplacements de tourisme. »

[1] GIEC : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

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