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Rubrique : Agriculture - RSS Feed

Dernier ajout : jeudi 22 mai 2008.

   Christian Vélot victime des OGM

C’est ce qui l’a amené à participer activement, depuis des années, aux campagnes d’alerte lancées au sujet des OGM.

Avec beaucoup de sens pédagogique, Christian Vélot a donné de nombreuses conférences, mettant le projecteur sur les concepts et les pratiques en matière de génie génétique, pointant notamment la différence entre les manipulations en milieu confiné et les autres ou encore entre le fait de manipuler pour produire un composant (un médicament, la plupart du temps) et le fait de manipuler pour produire un "être" (une plante, le plus souvent). Voir, par exemple, cette conférence extraite d’un DVD (vendu au profit des faucheurs volontaires). Christian Vélot

Très impliqué dans le débat OGM, le chercheur avait poussé un coup de gueule (dont nous nous étions fait l’écho) sur la manière dont celui-ci était conduit au Sénat.

Il est difficile de ne pas penser que les difficultés qu’il rencontre actuellement quant à son devenir professionnel soient sans rapport avec cet engagement.

En effet, Christian Vélot a récemment été informé par la direction de l’Institut qui l’emploie que son équipe et lui-même ne feraient plus partie de l’institut à compter de 2010, début de prochain contrat quadriennal [1].

Voilà qui contrarie fortement le chercheur selon qui « cette décision a été prise de façon arbitraire, indépendamment de toute évaluation scientifique et sans aucune consultation du conseil scientifique et du conseil d’institut. »

Mais ses soucis ne se limitent pas à l’horizon 2010. Depuis plusieurs mois, la pression augmente : « confiscation de crédits qui nous privent de moyens de fonctionnement à partir de 2008, privation d’étudiants stagiaires, menace de déménagement forcé dans d’autres locaux, etc... » énumère Christian Vélot dans un courrier envoyé aux personnes qui lui ont manifesté leur soutien.

Un médiateur a été sollicité, qui semble penser que la fin du contrat en 2010 est inévitable mais que d’ici là le chercheur et son équipe devraient pouvoir travailler normalement.

Gilles Lemaire menacé de saisie immobilière, Christian Vélot menacé de mise sur la touche, il ne fait décidément pas bon lancer des alertes qui contrarient les multi-nationales de l’agro-business.

   Des chefs pour la paix

La sixième édition du Salon du Goût se tient à Turin, en Italie, du 26 au 30 octobre 2006.

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Le logo de Slow Food

Cette manifestation vedette de l’association Slow Food, organisée en partenariat avec la région Piémont, accueille des milliers de visiteurs, à qui sont proposés « un immense marché de produits sélectionnés, des séances de dégustation commentées, les Ateliers du Goût, une œnothèque internationale avec des centaines de références à déguster au verre, ou encore des conférences, rencontres et animations pour les enfants. » (source).

Fondé à Paris en 1989, pour lutter contre le fast-food, et ayant son siège est à Bra, en Italie, Slow Food est un mouvement international qui cherche à préserver la cuisine écorégionale, ainsi que les plantes, les semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associés. D’après Wikipedia, le mouvement compterait à présent plus de 82.000 adhérents, répartis dans plus de 50 pays.

Ses quelque 800 Conviviums [2] cherchent à promouvoir les produits locaux et un modèle d’agriculture moins intensif et nocif, capable de préserver et d’améliorer la biodiversité.

BBC News du 26/10/06 explique que l’un des événements du Salon sera la confection par des "chefs" israéliens et palestiniens associés dans la préparation d’un repas unissant les meilleures traditions des deux communautés.

Les participants font partie de l’association des Chefs pour la Paix qui, depuis cinq ans, tentent de promouvoir le dialogue entre Palestiniens et Israéliens.

Ce repas symbolique ne sera pas un événement isolé dans le salon. On trouve notamment au programme du dimanche un après-midi consacré aux conséquences des guerres en matière d’agriculture et d’alimentation, des conséquences qui se font ressentir bien après le cesser-le-feu ...

   2008, la patate

International Potato Year, Año International de la Papa, … l’ONU vise à faire reconnaître la culture de la pomme de terre ; domestiquée par les premiers habitants de la Cordillère des Andes, aujourd’hui présente dans tous les continents, c’est, avec le blé, le riz et le maïs, l’une des cultures les plus importantes dans le monde.

Le centre d’origine de la pomme de terre se trouve en Amérique du sud, dans les Andes péruviennes et boliviennes, près du lac Titicaca. Elle fait partie du régime alimentaire du peuple andin depuis plus de 8 000 ans. Il existe plus de 5 000 variétés de pommes de terre réparties dans les Andes entre le Chili et le Vénézuela, dont la peau peut être blanche, jaune, rose, rouge et même bleue ; la couleur est due à la présence d’anthocyanines qui sont des antioxydants et, probablement, des anti-cancérigènes. Une patate de taille moyenne apporte environ la moitié de la vitamine C nécessaire quotidiennement à un adulte, ainsi que des quantités importantes de fer, potassium et zinc.

Au Pérou, la production de la pomme de terre est entre les mains de plus de 600 000 petits agriculteurs qui la cultivent entre 2 500 et 4 000 mètres d’altitude. La production mondiale dépasse les 300 millions de tonnes. La Chine est le plus grand producteur avec une production annuelle de plus de 70 millions de tonnes.

Le Centre International de la Pomme de terre (CIP) [3] a son siège à Lima, au Pérou ; il est présent en Afrique, Asie et Amérique latine. Il vise à réduire la pauvreté et assurer la sécurité alimentaire de façon durable dans les pays en développement, par la recherche scientifique ainsi que par la l’amélioration de la gestion des ressources naturelles dans les systèmes agricoles à base de pomme de terre et de patate douce.

   4e conférence des régions libres d’OGM

Le site Web de la Région Bretagne vient de publier une synthèse de la conférence qui a réuni les 26 régions d’Europe qui entendent résister à la propagation des OGM.

On y trouve la carte ci-dessous :

Dans la synthèse (disponible aussi sur le site), les régions européennes fédérées au sein du GM-Free Regions Network attireent l’attention « de la Commission Européenne, des Etats et de l’opinion publique de l’Union » sur les trois motivations qui guident leur action.

- La conservation durable d’une agriculture garantie sans OGM : Les régions considèrent qu’il est de leur devoir de garantir aux consommateurs des produits authentiques et sains issue d’une agriculture exempte d’OGM.
- La défense de la biodiversité : Il leur paraît vital d’éviter les phénomènes d’irréversibilité que pourrait entraîner une dissémination d’organismes vivants génétiquement modifiés susceptibles d’altérer le cycle de la vie pour les générations futures.
- Le contrôle et la responsabilisation pour l’usage des OGM : Les régions européennes souhaitent qu’il s’instaure un contrôle et une responsabilisation juridique et financière pour le recours aux organismes génétiquement modifiés dans la transparence de leurs utilisations et de leurs bénéfices pour le consommateur.

Le réseau demande donc « que les Régions et/ou les autorités locales soient définies comme « échelle appropriée » pour mettre en œuvre la coexistence entre cultures génétiquement modifiées et cultures conventionnelle ou biologique. »

Pour garantir le principe de précaution pour les utilisations des OGM, le réseau demande la conduite de « programmes de recherche indépendants » visant à une maîtrise des impacts potentiels des OGM qu’ils soient biologiques, économiques ou sociaux.

Il demande en outre qu’il soit prévu un fonds abondé par les opérateurs de technologie génétique pour une indemnisation exhaustive des dommages directs et indirects afin que ces opérateurs puissent faire face aux obligations légales et pénales leur incombant en cas de contamination.

Enfin les régions du réseau GM-Free « rappellent l’enjeu considérable que représente la révision de la directive 2001/18. Elles travailleront à faire respecter les principes de précaution, de transparence et d’application pleine et entière du principe polleur-payeur. »

   Ces agriculteurs malades des pesticides

Estelle Saget dans un article de l’Express paru le 25/10/04, évoque les quelques cas d’agriculteurs malades ou de parents d’agriculteurs décédés qui, sans doute possible, tiennent les pesticides pour responsables.

Quelques uns seulement, alors que le secteur compte 1.3 millions d’actifs et à peu près autant de retraités. Voilà qui est étonnant.

Estelle Saget explique cette réserve. « Ceux qui osent rompre la loi du silence sont l’exception. Car dénoncer la nocivité des herbicides ou des insecticides, c’est ébranler le fondement même d’une politique agricole exclusivement tournée vers le rendement. Or, dans ce système, en place depuis quatre décennies, les différents acteurs ont tous quelque chose à se reprocher. Les paysans ont répandu ces produits sur leurs champs sans prendre la précaution de porter gants ou masque. De leur côté, les coopératives les leur ont vendus sans autre mise en garde que les mentions elliptiques portées sur les étiquettes : « Possibilité d’effets irréversibles », peut-on lire à l’arrière de ce bidon, empoigné au hasard dans le stock d’une ferme. Effets sur quoi ou sur qui ? L’utilisateur devinera... Quant aux fabricants, ils ont prospéré sur un marché en pleine expansion, négligeant l’impact à long terme de leurs spécialités sur la santé humaine. Les autorités sanitaires, qui ont homologué ces poisons légaux sans se donner les moyens de les évaluer correctement, ne peuvent pas non plus pavoiser. »

Or le problème semble bien réel. Les agriculteurs, qui vivent éloignés des centres de pollution, dans un air globalement beaucoup plus sain que les citadins et avec une activité physique plus régulière, devraient être en meilleure santé que les autres. Et c’est d’ailleurs le cas ... sauf en ce qui concerne certaines pathologies.

Difficile pourtant de cerner le problème. En effet, à la différence de l’amiante qui provoque une pathologie précise (atteinte de la plèvre), les pesticides sont plus variés, tant en nombre qu’en effets. Les produits phytosanitaires, ce sont quelque 900 matières actives différentes. « Certains pesticides sont des poisons qui s’accumulent dans les graisses, explique le Dr Isabelle Baldi, de l’Institut de santé publique à l’université de Bordeaux 2. D’autres sont éliminés rapidement, mais provoquent des effets irréversibles qui s’additionnent à chaque utilisation. » Et si certaines de ces substances ont été identifiées comme facteur de risques dans plusieurs types de cancers, dans les maladies de Parkinson, d’Alzheimer ainsi que dans des cas d’infertilité, elles n’en sont pas des déclencheurs automatiques et exclusifs. D’où le flou actuel.

A l’heure où, à l’initiative du WWF on apprend que « Un total de 55 produits chimiques toxiques a en effet été retrouvé dans le sang des ministres testés », il est temps, plus que temps, de prendre la mesure sérieuse du problème de la contamination diffuse, de développer les études scientifiques précises, et de renforcer, par précaution, la directive REACH (comme le demandent les signataires de "L’appel de Paris").

   Ces poissons qui, au fond, n’ont pas la pêche

BBC News (en anglais) se fait l’écho d’un dossier publié, dans la revue Nature, par des scientifiques canadiens.

Ces scientifiques ont étudié cinq espèces de poissons des eaux profondes, parmi lesquelles des grenadiers, des merlus et des lamproies. Ils affirment que certaines de leurs populations sont en "danger critique".

Les poissons des cinq espèces étudiées sont très lents à grandir et à se reproduire (ils n’atteignent leur maturité sexuelle qu’au bout de plus de 10 ans). « Les poissons des profondeurs sont particulièrement vulnérables aux perturbations à cause de leur maturation tardive, de leur grande longévité, de leur faible fécondité et de leur lente croissance, » expliquent les chercheurs.

Leurs observations, qui ont porté sur les données de la période 1978-1994, c’est à dire environ une génération, ont révélé une baisse considérable des populations : entre 87% et 98% dans le pire des cas. S’ils étaient confirmés, de tels chiffres placeraient les espèces en question dans la liste rouge des espèces en "danger critique" de l’IUCN [4].

« Des mesures de préservation sont nécessaires et le manque de connaissances ne doivent pas retarder les initiatives appropriées, y compris l’établissement de zones protégées en mer profonde, » ont conclu les chercheurs.

Car c’est bien cette pêche qui est mise en cause par les scientifiques, une pêche qui s’est développée quand la ressource, en morues notamment, a diminué. Certains armements se sont alors tournés vers le chalutage de fond., qui utilise des chaluts dotés de panneaux très lourds (autour de 5 tonnes chacun) raclant le fond pour traîner le chalut (plus de 50m de large), ce qui perturbe gravement les éco-systèmes. (L’article de BBC News comporte deux photos, une avant le passage du chalut, l’autre après, qui sont très parlantes.)

Depuis plusieurs années les écologistes s’efforcent d’obtenir un moratoire mondial. La tentative la plus récente, menée devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, a échoué en novembre dernier.


Auvergne : label OGM ?

samedi 23 décembre 2006par Yves Caron

Les pôles de compétitivité sont une des réponses de l’État pour valoriser les territoires. Malheureusement, outre le cruel distinguo entre pôles mondiaux ou a vocation mondiale et les autres, ces pôles peuvent abriter des perspectives très néfastes pour l’environnement et les populations. Tel est le risque en Auvergne.

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