Christophe Dougé, conseiller régional des Pays de la Loire, René Louail, conseiller régional de Bretagne, Serge Morin, vice-président du Conseil régional de Poitou-Charentes, tous trois membres d’Europe Écologie Les Verts, pressent le premier ministre de mener une « réflexion politique plus large » qui ne se satisfasse pas « des solutions proposées au Tribunal de Quimper ».
Ils soulignent que « l’Europe, et pour l’essentiel la France, importe chaque année 740 000 tonnes de produits volaillers à haute valeur ajoutée alors qu’elle exporte 1,2 million de tonnes de produits bas de gamme. Conséquence de ce déficit en volume : un déficit commercial de 800 millions d’euros. » et disent leur « conviction que la reconquête du marché intérieur européen est possible pour peu que l’on s’en donne le temps et les moyens. »
Ils dénoncent « l’appétit du consortium Sofiprotéol », dont le président est Xavier Beulin, par ailleurs président de la FNSEA (syndicat agricole majoritaire), qui souhaite récupérer la « manne qui allait jusque là au transformateur Doux. Ils rappellent à ce sujet que « les firmes de Charles Doux ont pu accaparer plus d’un milliard d’euros de fonds européens ces quinze dernières années » en tirant profit des « règles actuelles de la Politique Agricole Commune qui octroie de larges subventions à des exportations fondées sur l’alimentation des volatiles exportés avec les protéines végétales d’importation sans tenir compte le moins du monde de la qualité de ce poulet export. »
Ils avertissent à ce sujet le premier ministre que, à l’horizon 2017, la Politique Agricole Commune aura abandonné complétement ces règles et qu’il ne serait pas « sérieux de mettre aujourd’hui des moyens publics dans une architecture de filière qui va s’effondrer à nouveau dans moins de cinq ans. »