Les villes gloutonnes.

jeudi 21 décembre 2006.

D’après un article d’Ouest-France : « Usines, centres commerciaux, lotissements : les villes dévorent les meilleures terres agricoles. Et rayent d’un trait de bitume, chaque année, 60 000 hectares [de campagne] » [1]. C’est l’équivalent d’un département qui est avalé tous les dix ans. L’urbanisation menace les meilleures terres. L’Europe veut réagir.

A ce grignotage des campagnes par les villes, s’ajoute l’appauvrissement des sols par la perte de matière organique ou la pollution avec des métaux lourds. "Ce qui m’inquiète, c’est l’irréversibilité du phénomène. Les sols ne sont pas une ressource renouvelable. Ils sont le fruit d’un travail de plusieurs millions d’années" précise Dominique Arrouays, directeur de l’unité Infosols à l’Institut national de la recherche agronomique d’Orléans (Inra). [2]

La Commission européenne vient de s’emparer du dossier. Elle veut légiférer. « L’Europe propose de dresser une carte des zones sensibles. Avec la volonté de proposer ensuite des mesures concrètes pour enrayer cette dégradation. Mettre fin, par exemple, à l’étalement urbain, moins bétonner, freiner l’utilisation des pesticides, privilégier les haies... Il y a du travail. »

En France, le GIS Sol (Groupement d’Intérêt Scientifique Sol), qui réunit les Ministères de l’Agriculture et de l’Écologie, l’INRA, l’ADEME et l’IRD, a pour objectif de constituer et gérer le Système d’information sur les sols de France et sur l’évolution de leurs qualités. Créé en 2001, il vise à couvrir la totalité du territoire français "à l’horizon 2010" par un système informatisé décrivant la nature de ses sols et leur éventuelle dégradation. (source AFP) [3]

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[1] Dans le Finistère, par exemple, l’urbanisation grignote trois hectares de terres agricoles par jour et les permis de construire augmentent de 3,5 % par an sur le littoral et dans la deuxième couronne des agglomérations.

[2] L’Unité Infosol est chargée de la coordination de l’ensemble des opérations d’inventaire cartographique des sols de France.

[3] Egalement sous la responsabilité de Dominique Arrouays, le GIS Sol a été reconduit le 16 mai 2006 (source Inra)


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