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Attac (Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens) est un mouvement d’éducation populaire qui « promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l’ensemble du monde » (source).
Attac France, qui compte 30 000 membres dont 1 000 personnes morales et 215 comités locaux, traverse actuellement une crise qui s’est aggravée à l’approche des échéances électorales de 2007-2008. Comme l’exprime Libération du 26/08/06, « l’opposition et la majorité se divisent sur le rôle que doit jouer Attac, entre émancipation des associations qui l’ont fondée et transformation franche en parti politique. »
Cette crise a pris un tour aigu en juin 2006, à l’occasion des élections au conseil d’administration d’Attac. Les résultats en ont été contestés par la minorité, ce qui a eu pour conséquence notamment d’amener Bernard Cassen, président d’honneur d’Attac, et Jacques Nikonoff, président d’Attac, à porter plainte en diffamation contre Thomas Coutrot, membre du Conseil scientifique d’Attac.
Parallèlement, il était décidé de conduire une mission d’expertise pour déterminer si le scrutin de juin avait ou non été faussé.
René Passet vient de publier sa synthèse des rapports d’experts, dans laquelle il conclut effectivement à une intervention frauduleuse lors des 14 et 15 juin (les deux dernières des six journées de dépouillement) de nature à fausser les résultats.
Les experts (qui ne se prononcent pas sur les auteurs de la fraude) se sont appuyés sur des constatations statistiques rendues possibles par le fait que le dépouillement des milliers de bulletins s’est fait par ordre alphabétique de votants. Cette méthode aurait due amener à des résultats assez proches d’un jour sur l’autre. Or les trois groupes d’experts, par des approches différentes, ont tous observé des écarts qui, selon eux, ne peuvent relever de la probabilité statistique.
Le Conseil d’Administration d’Attac a pris la décision de procéder à de nouvelles élections. René Passet recommande « qu’afin de prévenir toute nouvelle contestation - qui serait mortelle pour l’association - le déroulement et le dépouillement de ces élections soient organisés dans des conditions garantissant la sincérité des résultats. »