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Dans un article du 17/05/08, la correspondante de Libération à Rio de Janeiro analyse le départ de Marina Silva, 50 ans, qui vient de quitter le gouvernement brésilien où elle était ministre de l’Environnement.
Dans sa lettre au président Lula, explique Libération, celle qui fut récolteuse de latex et amie de Chico Mendes, le défenseur de l’Amazonie assassiné en 1988, a justifié sa démission par « des difficultés à conduire l’agenda environnemental ».
« Plusieurs membres du gouvernement voyaient justement en Marina Silva une entrave au développement du pays et trouvaient qu’elle lâchait au compte-gouttes les licences écologiques indispensables pour entamer des travaux de grande envergure comme la construction d’usines hydroélectriques en Amazonie. Le président Lula lui-même lui avait demandé plus de rapidité dans les études d’impact sur l’environnement en vue de ces travaux. Et Marina Silva a accumulé les batailles perdues. Dès le début du gouvernement, elle s’était opposée en vain à l’autorisation de certaines cultures d’OGM et l’année dernière, elle était sortie affaiblie d’une longue polémique avec le ministre de l’Agriculture, Reinhold Stephanes, qui encourageait le développement de l’élevage dans la région amazonienne, » explique, pour Libération, Claire Perréard.
L’annonce de la démission de Marina Silva a été l’occasion pour plusieurs organisations non gouvernementales de s’inquiéter de l’évolution des priorités du gouvernement brésilien. Mais le président Luiz Inácio Lula da Silva a affirmé que la « politique de l’environnement ne changerait pas. »