ADN : de qui se fiche-t-on ?

lundi 28 avril 2008.

Ces dernières années, le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques) a vu son périmètre augmenter.

Réservé à l’origine aux seuls criminels sexuels, on sait qu’il a d’abord été étendu pour concerner, non seulement les condamnés mais aussi les prévenus [1].

Comme l’explique le site Big Brother Awards, « Un amendement à la LSQ (loi sur la Sécurité quotidienne) du ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, étend le FNAEG aux auteurs de crimes d’atteinte volontaire à la vie, acte de torture ou barbarie, terrorisme, crimes de violence volontaire, extorsion, destruction, dégradation, détérioration ou vol dangereux pour les personnes. »

Plus tard, Nicolas Sarkozy le fera étendre à tout ce qui relève de l’atteinte aux biens et aux personnes - tag, vol d’autoradio, outrage à agent, insultes.

Tout récemment, Ouest-France évoquait le cas de Patricia, 40 ans, convoquée au tribunal correctionnel d’Angers pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN et qui encourt, à ce titre, un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Quel avait été le crime de Patricia ? « Soupçonnée d’avoir participé à une action de fauchage volontaire de maïs OGM à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, en septembre dernier, Patricia avait été interpellée par les gendarmes plusieurs jours après. C’est là que le parquet d’Angers lui a demandé un prélèvement d’ADN. Déjà affectée par sa garde à vue, Patricia s’y est opposée. »

Gilles Lemaire, faucheur volontaire et ancien secrétaire national des Verts, est lui aussi poursuivi pour cette raison.

Et on apprend aujourd’hui (L’Express du 28/04/08) que l’homme suspecté de l’assassinat de la jeune Sussanna, condamné à plusieurs reprises depuis les années 70, notamment à 18 ans de réclusion pour viols en 1989, et interpellé en juin 2005 pour une affaire d’attaque à main armée, n’avait pas son empreinte génétique répertoriée au FNAEG.

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[1] Le FNAEG compte actuellement 717.000 profils génétiques dont 177.728 condamnés, 425.000 mis en cause, 30.000 traces inconnues et 84.000 prélèvements infructueux effectués dans le cadre d’enquêtes, selon la Direction centrale de la police judiciaire (Source : l’Express).


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