Le pire n’est pas toujours sûr

mardi 4 septembre 2007.

Le procureur avait requis le 3 juillet une amende avec sursis de 1.000 euros contre Marie-Françoise Durupt et de 500 euros contre Youssouf Soumounou, un Franco-Malien, qui s’étaient tous deux rendus coupables de solidarité avec les expulsés que des policiers tentaient virilement de faire taire dans l’avion qui, le 26 avril dernier, devait les emmener à Bamako. [1]

A l’audience, l’avocate de Marie-Françoise Durupt, Catherine Herrero, avait demandé la relaxe au nom du droit des citoyens de parler et d’exprimer pacifiquement leur désaccord en démocratie.

Dans son jugement le tribunal a estimé que « si les propos reprochés ont bien participé à l’échec de la mesure d’expulsion (...) ils étaient d’abord l’expression d’une vive émotion et d’une grande réprobation » qui ne visait pas à « appeler les passagers à s’opposer de façon violente » et à donc relaxer les prévenus.

Dans un communiqué du 4/09/07, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) se dit soulagé « pour cette femme courageuse, qui n’est ni une personnalité, ni une militante, mais une citoyenne comme beaucoup d’autres, et qui a pris des risques personnels et professionnels en exprimant ainsi son indignation devant les méthodes utilisées pour réduire au silence les malheureux expulsés. »

Se félicitant de cette « victoire pour la démocratie », RESF précise qu’il « sera dans les semaines qui viennent aux côtés de tous ceux qui ont été poursuivis pour leur action solidaire, qu’il s’agisse de Florimond Guimard à Marseille, de Khadîdja à Bobigny, de François Auguste à Lyon, ou encore, au delà de nos frontières, de ces 7 marins emprisonnés à Agrigente pour avoir sauvé d’une mort certaine 44 migrants perdus en Méditerranée… »

De son côté, Marie-Françoise Durupt a commenté à sa sortie du tribunal « L’important, c’est la reconnaissance du droit d’expression. Tout citoyen doit pourvoir dire ce qu’il pense ». (source Libération)

IMPRIMER

[1] Le journal Libération avait relaté les faits dans un article du 28 avril intitulé ’Tabassage immédiat à bord du vol Paris-Bamako’, suite au témoignage d’une équipe de cinéastes présente à bord, témoignage qui a été relayé par de nombreux réseaux, dont notamment RESF. Début juin, Marie-Françoise Durupt avait livré son témoignage après son "délit de solidarité".


Retour à la Une Retrouver la Une de Citron Vert

Dernières brèves