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L’étude statistique publiée par l’ANLCI, qui s’annonce comme une première, a porté sur 10.000 personnes, âgées de 18 à 65 ans, ayant suivi leur scolarité en France, et ayant une adresse personnelle en France métropolitaine.
Le document est disponible sur le site de l’ANLCI (.pdf de 820Ko).
Il constitue une photographie, un peu inattendue par certains côtés.
Ainsi on y apprend que la majorité des personnes (plus d’1,5 million des 3,1 millions en situation d’illettrisme) a plus de 45 ans.
| 4,5% | des 18-25 ans |
| 6% | des 26-35 ans |
| 9% | des 36-45 ans |
| 13% | des 46-55 ans |
| 14% | des 56-65 ans |
L’illettrisme touche un peu plus les hommes (qui constituent 59% des personnes affectées)
Il est loin de ne concerner que les exclus :
| 57% | ont un emploi |
| 11% | sont au chômage |
| 14% | sont retraitées |
| 10% | en formation ou en inactivité |
| 8% | sont au foyer |
« Plus de la moitié d’entre eux travaillent, ont un emploi, » commentent les auteurs de l’étude, pour qui « ces hommes et ces femmes ont réussi à construire des compétences sans avoir recours à l’écrit » avant de conclure que « la lutte contre l’illettrisme touche donc de très près le monde du travail, de l’entreprise et s’inscrit dans le cadre de la formation professionnelle tout au long de la vie. »
Autre donnée un peu surprenante, 10% seulement des 3.100.000 personnes illettrées vivent dans les zones urbaines sensibles (ZUS). Alors que 50% d’entre elles environ vivent dans les zones rurales ou faiblement peuplées.
« Contrairement à certaines idées reçues, la politique de lutte contre l’illettrisme ne peut se confondre et se résumer à la seule politique de la ville, » soulignent les auteurs pour cette raison.
Il n’empêche, et l’étude le mentionne aussi, que, alors que la moyenne nationale d’illettrés est d’environ 10%, ce taux monte à 18% dans les ZUS. Parmi les chômeurs aussi, le taux moyen est dépassé, puisque 15% d’entre eux sont en situation d’illettrisme.
Enfin, l’idée que l’illettrisme serait liée à l’immigration est fortement contredite par les données recueillies concernant les langues que pratiquaient, à la maison, dans leur enfance, les 3.1 millions de personnes souffrant maintenant d’illettrisme.
| 74% | utilisaient exclusivement le français |
| 6% | le français et une langue régionale |
| 3% | le français et une langue étrangère |
| 10% | une langue régionale uniquement |
| 7% | une langue étrangère uniquement |