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Louis Maurin et Patrick Savidan, respectivement directeur et président de l’Observatoire des inégalités, ont livrés leur vision du candidat Sarkozy au quotidien Le Monde, dans un article sous le titre : "Sarkozy, cohérent et inégalitaire". Extraits [1] :
« L’Observatoire des inégalités s’est fixé comme ligne de conduite de demeurer indépendant des partis politiques et de ne pas entrer dans des logiques de positionnement stratégique. Notre attachement à cette indépendance reste plus fort que jamais. Pourtant, nous ne pouvons rester sans réagir aux propos tenus par le candidat UMP au soir du premier tour. Dans une avalanche de formules destinées à capter le profond malaise social que traverse le pays, il a en effet déclaré vouloir s’adresser à "ceux que la vie a usés", à "ceux qu’une pression trop forte a épuisés", "qui sont dans la détresse", "qui ont peur de l’avenir", "qui se sentent fragiles" et "vulnérables". Son ambition, dit-il, est de les "protéger", de leur "redonner l’espérance". Il leur promet "un nouveau rêve français", une "France qui ne laissera tomber personne", une "France fraternelle". Et pourtant cette rhétorique protectrice cache un projet destructeur pour les plus vulnérables. »
Sont ensuite abordés les thèmes du travail, du logement et de la fiscalité ; les auteurs montrent en quoi les propositions programmatiques de Nicolas Sarkozy ne feront que creuser les écarts entre les catégories sociales.
« Dans l’ensemble, le programme du candidat continuera de creuser les inégalités. cette politique augmentera les tensions sociales au sein de la jeunesse. Tout cela n’est pas de bon augure pour une société qui a besoin de se rassembler. La politique sécuritaire de l’ancien ministre est dans la logique d’une société de plus en plus fragmentée, ramenée à l’ordre par une répression croissante. Cette politique fondée sur le conflit n’est pas soutenable à terme, comme le montre le bilan des cinq dernières années. Le ministre de l’intérieur avait demandé à être jugé sur des actes dans ce domaine : la violence contre les personnes ne cesse de s’accroître, preuve que c’est autrement qu’il faut s’y prendre. »
« La société française a besoin qu’une action résolue soit engagée sur le terrain des inégalités. Il ne s’agit pas d’évoquer au détour d’un discours la situation de ceux dont les conditions de vie se sont dégradées et précarisées. Le courage politique consiste à défendre les plus vulnérables : enfants étrangers, sans-papiers, chômeurs en fin de droits, RMistes, femmes en temps partiel morcelé, jeunes peu qualifiés et SDF. Les considérer comme des délinquants, des profiteurs ou des assistés sera peut-être payant demain dans les urnes. Mais ce n’est pas compatible avec les valeurs humanistes de la République. »
[1] l’article est très synthétique et mérite d’être lu en entier.