Fin de vie, une proposition de loi

samedi 27 novembre 2004.par Philippe Ladame
 
Le projet de loi qui devrait être voté largement mardi, s’il permet la dépenalisation semble loin de répondre à toutes les situations.

Le Télégramme du 26/11/04 explique la genèse de cette proposition de loi.
Après huit mois de travaux et plus de 80 auditions, la mission d’information constituée le 1er octobre sous la présidence de Jean Léonetti (UMP), grâce à une initiative commune de Nadine Morano (UMP) et Gaëtan Gorce (PS) a réussi à concilier les positions et rendu le 29 juin un rapport, que reprend la proposition de loi pour l’essentiel.

C’est la "loi du laisser mourir sans faire mourir", a résumé le rapporteur Jean Léonetti.

Si les députés ont réussi à dépasser leurs clivages traditionnels, des différences n’ont pas manqué d’affleurer pendant les débats.

Pour une partie d’entre eux, comme Jack Lang (PS), Martine Billard (Verts) ou Henriette Martinez (UMP), ce texte n’est qu’un point de départ vers une légalisation de l’euthanasie alors que pour d’autres, comme Christine Boutin (UMP), c’est un point d’arrivée.

Le texte est assez éloigné de la proposition de loi "Vincent Humbert" (voir notre brève du 24/09/04 ). D’ailleurs, Marie Humbert a déclaré, à propos de ce projet de loi : « Vincent réclamait le droit de mourir. Le texte de monsieur Léonetti l’aurait laissé vivre encore trente ans. »

Dans un article de Libération du 27/11/04, Pascale Nivelle retrace la vie de Marie Humbert, la situation à laquelle elle a été confrontée, le dialogue avec son fils et, maintenant, son combat pour "le droit de se retirer dans la dignité".

Un combat qui a largement provoqué l’avancée que représente le projet de loi en discussion, mais qui ne saurait s’en satisfaire.

Mais la question de la "fin de vie" n’est pas seulement celle de la possibilité de choisir, c’est, beaucoup plus souvent, celle de permettre de mourir le moins mal possible.

C’est Le Monde du 25/11/04 qui se fait l’écho des préoccupations du docteur Isabelle Marin, pionnière des soins palliatifs.

« Prôner la légalisation de l’euthanasie, c’est prendre le débat sur la fin de vie par le petit bout de la lorgnette. Les demandes sont très rares, et surtout elles ne sont pas linéaires." explique Isabelle Marin. « Il faut d’abord former les médecins, soigner autrement, modifier la relation médecin-infirmière, le travail est énorme".

Une infirmière de son service témoigne :« on arrive à gérer la fin de vie, à faire en sorte que nos malades meurent le moins mal possible, parce qu’on a les moyens de le faire, grâce à la formation du personnel, grâce à l’unité mobile, grâce à la "culture palliative". »

C’est pour développer cette culture que se bat Isabelle Marin. « Nous avons besoin d’un plan qui dise la vérité. Alors nous pourrons peser les choix économiques nécessaires, donner des moyens qui servent les malades, et non qui habillent nos illusions. »

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