Pêches et Aquaculture 2006

lundi 5 mars 2007.par Philippe Ladame
 
Le rapport sur la "situation mondiale des Pêches et de l’Aquaculture 2006" vient de paraître. Il fait état de vives préoccupations au sujet de certaines espèces de poissons grands migrateurs et hauturiers.

La FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) vient de mettre en ligne le rapport annuel qui lui a été fourni sur la situation mondiale des Pêches et de l’Aquaculture 2006. On pourra le consulter à partir de cette page.

Sur l’ensemble des stocks de poissons de mer surveillés par la FAO, 25 % sont soit surexploités (17 %), soit appauvris (7 %), soit en voie de reconstitution (1 %), révèle le rapport.

Pour les poissons hauturiers comme le merlu, la morue et le flétan, l’hoplostète rouge, le requin pèlerin et le thon rouge, les chiffres sont plus inquiétants encore puisque 66% des stocks sont jugés soit surexploités soit appauvris.

Le total des captures de poissons libres a d’ailleurs peut-être amorcé une baisse puisqu’il a été de 93,8 millions de tonnes en 2005, contre 95 en 2004 [1]. Pourtant, avec 141.6 millions de tonnes, le total mondial des pêches 2005 constitue un record.

L’explication est dans le développement de l’aquaculture qui est passée de 35.5 millions de tonnes en 2000 à près de 48 millions de tonnes cinq ans plus tard. La pisciculture fournit des quantités toujours plus importantes de poisson pour l’alimentation. Si en 1980, seulement 9 pour cent du poisson consommé par l’homme venait de l’aquaculture, aujourd’hui, ce chiffre est passé à 43 pour cent.

« Le taux maximum de croissance pourrait avoir été atteint » indique cependant le rapport qui laisse penser que la saturation des lieux d’exploitation possibles et à la dépendance de l’aquaculture par rapport aux petits poissons pêchés en mer, nécessaires à la nourriture des animaux d’élevage, vont induire un ralentissement.

Le rapport(fichier .pdf de 5.3 Mo et de près de 200 pages) fournit de nombreuses données sur la situation de la pêche, des pêcheurs et de la consommation de par le monde.

Il fait aussi une large place à la relation d’expériences heureuses et malheureuses, en matière d’aquaculture et de limitation de la surpêche. Il exprime l’inquiétude des spécialistes et leur invitation urgente à mettre en oeuvre une meilleure gestion collective des pêcheries par l’adoption d’une « approche écosystémique ».

[1] Une différence d’une année sur l’autre ne suffit pas à faire une tendance, cependant. Il faudra voir sur la durée.

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