![]() |
Le 27 décembre dernier, le nouveau collectif Les Autres Chiffres du Chômage (ACDC) [1] dénonçait le "chômage invisible" à l’occasion d’une conférence de presse, largement reprise par les média.
La conférence de presse suivante d’ACDC, consacrée aux "radiations et aux pressions exercées contre les chômeurs" était prévue aujourd’hui le 29 janvier 2007. Elle a semble-t-il bien eu lieu ce matin à Paris, sans pour autant être massivement relayée par la presse.
Seuls Actu Chômage et les Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH) s’en font l’écho ce soir [2] .
Aujourd’hui, ACDC « s’est intéressé au devenir des personnes sans travail, une fois qu’ils ne sont plus dans les listes du service public de l’emploi, et en conclut que "sortir des listes ANPE signifie de moins en moins sortir du chômage". "Depuis début 2005, le taux de sortie, qui comptabilise les radiations, bat des records : 15 % en janvier 2005, 17 % fin 2006", rappelle le collectif. Un taux très fort, que ne compense pas le taux de création d’emploi, qui est actuellement de 1 %. »
« Le nombre de radiations effectuées par l’ANPE a finalement augmenté de 39 %, entre les années 2003-2005 et 2005-2006. Dans le détail, chaque mois, 17 500 personnes ont été radiées en 2005-2006, pour "non-renouvellement d’inscription". Un chiffre en augmentation de 31 % par rapport à 2003-2004. Ce sont, pour la plupart, des chômeurs en fin de droits, qui ne voient plus l’intérêt de rester inscrits. Les sanctions administratives ont, elles aussi, subi une très forte hausse : plus 39 % entre 2004 et 2006, selon le collectif. »
« L’ANPE dénombre aussi ce qu’elle appelle les "non-renouvellements accidentels". Avec une augmentation de 31 % en deux ans, cette dénomination rassemble, selon le collectif, les demandeurs d’emploi qui sont "lassés des convocations à répétitions et des pressions destinées à leur faire accepter n’importe quel emploi" et qui décident de ne plus se représenter. Et de les qualifier de chômeurs "dégoûtés". Le collectif critique fortement cette gestion administrative du chômage : "ce n’est pas une méthode correcte pour régler le problème du chômage", a ainsi jugé Thomas Coutrot, économiste à la DARES, et membre d’ACDC. » (source ASH)
« On peut parler sans exagération d’une "double peine" pour les chômeurs : au fil des années, la restriction de leurs droits à indemnisation s’accompagne d’un renforcement des convocations, des contrôles et des sanctions. Derrière le discours sur les "profiteurs" et les "faux chômeurs", se cache (mal) une politique néolibérale qui vise à obliger les chômeurs à accepter des emplois dégradés et participe à la dégradation des conditions d’emploi de tous. Déboutés, radiés ou dégoûtés, les chômeurs tendent de plus en plus à fuir le Service public de l’emploi, ce qui explique pour une part importante la baisse récente des chiffres officiels du chômage. » conclut la note n°2 d’ACDC [3].
[1] Le collectif ACDC rassemble des associations, chercheurs et syndicats : le Réseau d’alerte sur les inégalités (RAI-Bip40), Agir ensemble contre le chômage (AC !), le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), l’Association Pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité des chômeurs et des précaires (APEIS), le Réseau Stop Précarité, la CGT-INSEE, le Syndicat National Unifié de l’ANPE (SNU-ANPE) et SUD-ANPE.
[2] La version définitive de la "Note n°2" du collectif ACDC est absente de leur site, à cette heure ; on la trouve néanmoins en version Word par le biais d’Actu Chômage, ici.
[3] La prochaine note du collectif, prévue fin février, portera sur la restriction des droits à indemnisation.