Ecole : le projet Fillon contesté

lundi 22 novembre 2004.par Philippe Ladame
 
Les propositions de François Fillon, ministre de l’Education, provoque une vague de réactions hostiles.

Après les avoir expliquées à la télévision, le ministre a publié ses 14 propositions, sous trois chapitres, pour une école plus efficace, plus juste, plus ouverte.

Mais les observateurs et acteurs du système éducatif ne semblent guère voir de consistance sous ce slogan consensuel.

La FCPE dénonce « l’accent mis sur le redoublement, dont toutes les recherches s’accordent pour décrire l’inutilité et les conséquences néfastes. »
Autre fédération de parents d’élèves, généralement assez neutre, la PEEP s’exclame : « Quelle désillusion ! Que de temps perdu ! Que de gâchis pour les élèves ! ».

Le SGEN dénonce l’encouragement au redoublement et à l’orientation précoce qui « s’inscrivent bel et bien dans le cadre d’une politique éducative réactionnaire. »
Le SNES estime que le ministre ne se donne pas « les moyens d’atteindre ces objectifs en donnant un nouvel élan au système éducatif. »

L’opposition se cristallise sur la question des TPE. Les Travaux Personnels Encadrés sont, depuis quelques années, une occasion pour les élèves de premières et de terminales de travailler en groupe, à rechercher et à exploiter des documents, à présenter et à argumenter les résultats d’une enquête sur un thème qu’ils ont choisi.

Dans une tribune intitulée Gardarem lou TPE, Serge Pouts-Lajus, du Café Pédagogique", s’inquiète que « supprimer les TPE en Terminales, c’est supprimer les TPE tout court » et attire l’attention sur le fait que « au cours du débat national sur l’avenir de l’école, la question des TPE n’a pas fait l’objet de controverses et le rapport de la commission Thélot ne les mentionne que pour souligner leur capacité à s’écarter de la forme traditionnelle de l’enseignement et à favoriser l’expression de l’élève, orale en particulier. »

Les Cahiers Pédagogiques publient, quant à eux, un éditorial intitulé En arrière toute ! qui se conclut ainsi : « Si le discours ministériel peut séduire une fraction de l’opinion et du corps enseignant, peut-on croire vraiment que le bon sens un peu fruste et une conception très libérale du métier permettent en quoi que ce soit de résoudre les problèmes auxquels l’école est confrontée ? »

Une analyse que partage certainement l’Union Nationale Lycéenne qui appelle à la signature d’une pétition pour les TPE.

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