Le libéralisme économique sur la sellette.

samedi 25 novembre 2006.par Alain Richard
 
Injustice sociale, pillage des ressources, dégradation de l’environnement, ... ; même les banquiers centraux doutent des bienfaits du libéralisme.

Trois sujets tirés de l’actualité, très différents, montrent du doigt le libéralisme et ses méfaits.

Il s’agit tout d’abord d’Alternatives Economiques qui publie son éditorial sous le titre " Quand les banquiers centraux doutent des bienfaits du libéralisme ". L’auteur y explique comment la surprise fut grande, en août dernier, lors de la réunion annuelle des gouverneurs des banques centrales des grands pays, d’entendre nos élites monétaires, si souvent promptes à chanter les vertus innées du libéralisme économique, afficher désormais leurs doutes.

Les grands argentiers eux-mêmes commencent à parler de « dislocation sociale » et craignent « les effets redistributifs de l’ouverture internationale [qui] s’effectuent au détriment des travailleurs les moins qualifiés, mais inquiètent aussi les cadres, confrontés aux ressources humaines des pays de l’Est ou d’Inde bien formées et moins chères. La mondialisation économique suscite également des inquiétudes quant à ses effets sur l’environnement et la capacité des pays les plus pauvres à pouvoir en profiter ». En effet, ils constatent « qu’à l’inverse de toutes les prévisions de la théorie économique dominante, les pays du Sud exportent depuis plusieurs années plus de capitaux au Nord qu’ils n’en reçoivent de ce dernier. »

Et l’éditorialiste de conclure : « c’est dit : le libéralisme économique ne fait plus consensus. »

" ... chez les banquiers" aurait-il pu rajouter, car, chez d’autres, cela fait un bout de temps que l’affaire est entendue. C’est notamment ce qu’écrit Dominique Voynet lorsqu’elle s’adresse à Nicolas Hulot dans Libération, le 22 novembre, sous le titre " Tu es des nôtres, Nicolas Hulot ". Elle lui dit, en substance, : ok, nous partageons le même constat, et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Il est « impossible de ne pas reconnaître que c’est le libéralisme qui mine l’environnement. »

« Ce système économique, que l’on pourrait résumer par l’adage populaire "après moi le déluge", il me semble que toi, moi, et des millions de personnes qui, tout autour de la planète, se mobilisent pour une plus juste répartition des richesses, nous n’en voulons plus ! Parce qu’il dégrade de façon irrémédiable les ressources de la terre au profit de quelques-uns, mais aussi parce qu’il est porteur d’une violence qui fissure chaque jour un peu plus la capacité des hommes à vivre en paix. Ce système économique, c’est aussi celui qui sacrifie les populations des « pays les moins avancés », parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer, aux prix décidés par les pays riches, les médicaments ou la nourriture dont elles auraient besoin pour survivre. Ce système économique, c’est celui qui oblige les enfants du Sud à fouiller les poubelles des pays du Nord pour y trier les composants informatiques revendus quelques centimes au kilo. Ce système économique, c’est celui qui force des êtres humains à rencontrer la mort aux frontières de l’Europe, à Ceuta et Melilla il y a un an, au large des Canaries presque chaque jour depuis. Ce système économique, c’est celui qui oblige des dizaines de milliers de personnes, étouffées par l’amiante qui ronge leurs poumons, à démontrer qu’elles sont bien des victimes. Ce système économique, c’est celui qui tente de nous imposer des OGM dans nos assiettes et de nous expliquer qu’il faut acheter plus, et qu’on sera plus heureux. Ce système économique a un nom : le libéralisme. »

« Acheter plus, et on sera plus heureux » ; nous arrivons à ce jour du 25 novembre qui a été décrété "Journée sans achat" par plusieurs associations dont "Casseurs de pub" et "Chiche" ; celles-ci mobilisent en France pour "responsabiliser le consommateur".(source Le Nouvel Observateur)

Casseurs de pub précise le sens de cette journée : « La société de consommation est aveugle, il n’y a pas de croissance et de développement économique infinis possibles sur une planète dont les ressources sont limitées. (...) La société de consommation engendre un pillage et l’injustice : 20 % de la population de la planète, les pays riches, consomment plus de 80 % des ressources planétaires. Notre niveau de consommation a un coût : l’esclavage économique de populations entières. La société de consommation est mortifère, elle réduit l’humain à n’être qu’un agent économique : producteur-consommateur. »

Quand ’penser global et agir local’ se rejoignent ...

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