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L’ouvrage de l’Institut Français de l’Environnement (IFEN) fait environ 500 pages. Une synthèse d’une vingtaine de pages est disponible en ligne (.pdf de 2.22 Mo) qui comporte les données, graphiques et cartes esentiels.
Le rapport note une stabilisation des émissions des six principaux gaz à effet de serre (GES). Stabilité aussi pour la consommation d’énergie finale. Les transports voient leur consommation de carburants diminuer pour la première fois depuis le premier choc pétrolier.
Mais la stabilisation n’est pas l’objectif recherché. Le rapport rappelle à ce sujet que l’objectif est de diviser par 4 les émissions de GES d’ici 2050. Il indique aussi, en ce qui concerne l’énergie, les objectifs sont de produire en 2010 à partir d’énergies renouvelables 10% de ses besoins énergétiques (contre 6% en 2005) et 21% de sa consommation d’électricité (contre 11% en 2005).
A ce propos, il est indiqué que, si la France a le deuxième gisement éolien d’Europe, sa production, bien qu’en hausse de 61% en 2005, reste encore marginale.
Concernant plus particulièrement les pollutions, l’IFEN note que, si , la qualité de l’air des grandes et moyennes agglomérations (mesurée par un indice prenant en compte le SO2, NO2, l’ozone et les particules) s’est améliorée ces quatre dernières années grâce au renouvellement du parc automobile et à la généralisation du pot catalytique, les pollutions liées aux transports restent préoccupantes. En effet, les concentrations de particules fines (les plus dangereuses pour la santé) et celles d’oxydes d’azote et les composés organiques volatiles (tous deux précurseurs de l’ozone) demeurent élevées dans l’air des agglomérations à proximité des axes de circulation.
Dans le domaine de l’agriculture, les rapporteurs estiment qu’un changement de pratiques commence à porter des fruits : « pour la première fois après trente ans de dégradation, les nitrates semblent globalement en voie de stabilisation dans les cours d’eau ». Mais ils observent cependant que cette amélioration ne s’est pas encore répercutée dans les eaux souterraines. « Les pesticides restent présents dans la plupart des cours d’eau et dans une grande partie des nappes. »
Le rapport voit encore une stabilisation dans le tonnage de déchets ménagers produits (353 kg / pars / an).
Enfin le rapport attire l’attention sur le fait que de nouveaux polluants, encore peu mesurés, apparaissent : pollution de l’air à l’intérieur des locaux (benzène, toluène, ...), présence de produits phytosanitaires dans l’air en limite des zones urbaines, contamination des eaux continentales par de nouveaux micro-polluants provenant des stations d’épuration des agglomérations (médicaments, cosmétiques, ...) ou de rejets industriels (dioxine, composés bromés, ...).
Commentant ce rapport, Nelly Olin, ministre de l’écologie, a évoqué la pression due à des dizaines de millions d’agressions quotidiennes contre l’environnement, mais aussi l’action du Gouvernement qui vise à ce que chacun soit conscient qu’« il n’y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à le faire. »
Peut-être faut-il effectivement espérer plus dans les petits gestes de chacun que dans la politique du gouvernement. C’est en tout cas le sentiment de Martine Billard, députée Verte qui, dans une intervention à l’Assemblée, s’est attachée à montrer que, derrière le vernis des déclarations d’intentions, la réalité des dispositions du budget 2007 ne répondaient guère aux urgences écologiques et sociales de l’époque.