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L’histoire du Parti Vert Européen (PVE) date de 1984 : d’abord rassemblés autour d’une coordination, puis transformés en une fédération en 1993, les Verts ont fondé en 2004 le premier parti européen qui présente une réelle unité de groupe dans les votes (les votes du groupe au parlement européen en témoignent).
Deux textes fondateurs ont été adoptés ce week end pour le parti : une charte à l’unanimité et un texte d’orientation A green future for Europe. Ce dernier avait été l’objet de nombreuses discussions au sein des Verts français : des amendements avaient été préparés par la commission Europe, celle de la santé ou encore de l’économie. Pas moins de 99 amendements français avaient été envoyés au départ sur les 228 amendements au total, soit pas loin de 40%. Ce gros travail de renégociation avait été très diversement apprécié par les autres pays...
Le texte de base avait été préparé par les délégations nationales mandatées par chaque parti national. On pouvait y sentir l’influence allemande, majoritaires dans le PVE (45%). Finalement, le conseil a écrêmé un peu : 176 avaient été adoptés, et 17 ont fait l’objet d’un vote lors du congrès. Les autres ont été soit écartés, soit des groupes de travail ont été créés pour préparer des textes ad hoc (notamment sur l’économie ou les affaires institutionnelles).
Durant le vote, seuls l’abandon de l’arme nucléaire ou de l’exportation d’armes et la conformité des droits des migrants à celui des droits de l’homme ont finalement été adoptés. La défense des assurances maladies, de certaines formes de protectionnisme ou encore la restriction des possibilités de réaction militaire aux seuls mandats onusiens n’ont pas réussi à obtenir la majorité qualifiée. Les votes se faisaient très souvent sur la base des partis nationaux, les Verts français votant notamment avec les Suisses et les Suédois. Globalement, ce sont les amendements "gauchisants" qui n’ont pas été adoptés, suscitant la défiance des Verts allemands et des pays de l’Est.
Les Français s’étaient déplacés nombreux pour profiter de la bonne humeur du congrès et aussi peser dans les votes ; Dominique Voynet avait ainsi rejoint la moitié du collège exécutif (le bureau national des Verts), tout comme d’anciens députés européens. La délégation française était la 3ème en nombre après les Suisses et les Allemands avec une cinquantaine d’inscrits. Des Jeunes Verts étaient aussi présents, comme les membres de Herleen. Ces derniers ont ainsi pu diffuser leur message auprès des participants pour rassembler les militants afin de peser dans les décisions prises dans le PVE encore trop largement contrôlés par les directions des partis.
Enfin, le conseil du PVE a adopté le dimanche un certain nombre de résolutions :
1. La crise des migrations dans les Canaries
2. Proactive Carbon Emission Offsetting
3. Les échecs du gouvernement irlandais dans ses obligations vis-à-vis de Kyoto
4. Restriction des constructions illégales dans une zone protégée en Bulgarie
5. Le tourisme éthique en Bulgarie
6. Le contrôle civil des installations et des activités militaires en Croatie
7. Les bombes à fragmentation
8. Les jeux olympiques
9. Les partis d’opposition exclus des élections en Russie
10. L’Afrique en tant que terre d’accueil des déchets européens
11. La discrimination des Géorgiens en Russie
12. Justice pour Anna Politkovskaya
13. Contre l’expulsion et l’exclusion sociale
14. Les groupes d’extrême droite en Russie