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C’est la question du Pôle Nucléaire Bourguignon qui aura brisé l’accord majoritaire en oeuvre depuis les dernières élections régionales.
Depuis le lancement des pôles de compétitivité par le gouvernement, le président du conseil régional, François Patriat, n’a cessé de poussé en faveur du développement d’un Pôle Nucléaire en Bourgogne, à cheval sur la Saône-et-Loire et la Côte d’Or, qui rassemblerait des entreprises liées au développement du futur réacteur nucléaire EPR et, plus généralement, à la relance du programme nucléaire en France et dans le monde.
On comprendra que les Verts aient freiné des quatre fers, s’appuyant sur la position nationale du Parti socialiste (qui n’est pas favorable au lancement des centrales EPR) et développant surtout leurs arguments sur la nécessité d’une sortie programmée du nucléaire, dans le cadre d’une refondation de la politique énergétique française.
Mais, comme le développe la motion votée dimanche par les militants, « nous nous sommes heurtés à une attitude jusqu’au-boutiste du PS bourguignon qui, en dépit de notre volonté de dialogue et de concertation, n’a cessé de remettre en cause les compromis difficilement élaborés et d’amplifier son soutien au pôle. A plusieurs reprises, malgré l’absence d’une quelconque décision de l’Assemblée régionale en la matière, François Patriat a apporté le soutien de la collectivité au projet défendu par le pôle. »
Le faux pas de trop aura été le vote, le 25 septembre, par les élus régionaux PS et UMP d’une décision d’accorder des exonérations fiscales aux entreprises du PNB engagées dans des démarches de Recherche-Développement.
Les six conseillers régionaux Verts ont accepté la décision des militants et en ont tiré la conclusion. « Concrètement nous ne soutenons plus la majorité ni la politique de François Patriat. Nous nous déterminerons au cas par cas, nous ne sommes plus liés », a expliqué l’un d’entre eux à la sortie de l’AG.
Cette décision des Verts Bourgogne a reçu l’appui de la direction des Verts qui, dans un communiqué du 02/10/06 saluent « un choix courageux » qui s’imposait après qu’aient été faits « tous les efforts possibles pour aboutir à une position commune au sein de la majorité » en région Bourgogne.
De manière générale, les Verts rappellent que, pour eux, « l’arrêt de l’EPR et la sortie du nucléaire par un arrêt programmé des centrales existantes sont des conditions incontournables de tout futur accord avec les partis de gauche. »