Avortement : souvenirs d’une dure bataille

lundi 1er novembre 2004.par Philippe Ladame
 
Il y a 30 ans, Simone Veil obtenait le vote d’une loi décriminalisant l’avortement.

Le Monde du 28/10/04 a publié des extraits d’un livre d’entretien entre Simone Veil et Annick Cojean.

Simone Veil revient sur le contexte de l’adoption de cette loi, qui faisait suite à la conquête du droit à la contraception.
« La contraception était en fait une révolution dans l’histoire de la maternité : "Un enfant quand vous voulez"... C’était incroyablement nouveau. Avec la pilule, la femme acquérait de l’indépendance, devenait maîtresse de la procréation, programmatrice de la naissance sans même que l’homme le sache. Voilà le grand tournant dans l’histoire des hommes et des femmes ! Voilà la vraie rupture par rapport à ces millénaires pendant lesquels c’est l’homme qui était le maître de la procréation. »

Ministre d’un gouvernement dirigé par Jacques Chirac (lui-même opposé à l’avortement), Simone Veil dut affronter l’opposition très virulente de bon nombre des parlementaires. « Je savais - ne serait-ce que par le courrier reçu - que les attaques seraient vives, car le sujet heurtait des convictions philosophiques et religieuses sincères. Mais je n’imaginais pas la haine que j’allais susciter, la monstruosité des propos de certains parlementaires ni leur grossièreté à mon égard. Une grossièreté inimaginable. Un langage de soudards. »

En contre-point, Simone Veil évoque la solidarité des femmes d’alors, solidarité renouvelée, 20 ans plus tard, lors du « scandale des "juppettes" ».
« Après le scandale des "juppettes", qui avait tant choqué les Françaises - vous vous souvenez de ces femmes ministres exclues en bloc du deuxième gouvernement Juppé -, j’ai fait partie d’un petit groupe de femmes qui s’est régulièrement réuni pour promouvoir la parité sur le plan électoral. Nous étions dix, cinq de droite, cinq de gauche, toutes anciennes ministres, et c’était extrêmement amical. Nous évoquions librement tous les sujets, on riait, on s’amusait beaucoup. (...) je suis persuadée que les différences entre les hommes et les femmes sont une vraie richesse. Et, pour moi, l’exigence de plus grande présence de femmes dans les fonctions de pouvoir répond autant à la volonté d’enrichir la société d’idées, d’énergies et de talents différents qu’à un souci d’égalité. »


En complément on pourra lire la page que le Planning Familial consacre à cette histoire de la lutte pour la contraception et l’avortement.

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