Obésité, les dégâts du fat food

lundi 4 septembre 2006.par Philippe Ladame
 
Source de maladies chroniques et de troubles psychologiques, l’obésité est sur la sellette à Sydney.

« Il y a maintenant plus d’humains en surpoids dans le monde que d’humains souffrant de malnutrition, » a expliqué Paul Zimmet qui préside le dixième Congrès international sur l’obésité actuellement en cours à Sydney.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime en effet que, alors que 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim, un milliard d’habitants est victime d’excès pondéral, parmi lesquels 300 millions sont classés comme obèses.

De ce fait, selon Ian Caterson, professeur à l’Université de Sydney et l’un des 370 congressistes, l’obésité peut être considérée comme la clef de voûte de toutes les priorités sanitaires car il s’agit de « la plus importante source de maladies chroniques dans le monde » (source).

A ces désordres physiques s’ajoutent des problèmes psychologiques souvent sérieux. Une étude australienne portant sur 3.000 enfants en situation de surpoids, présentée à l’occasion de ce congrès, indique que leur estime de soi (self-esteem) est significativement plus basse que celle de leurs camarades. La proportion de garçons ayant une mauvaise image d’eux-mêmes est ainsi deux fois et demie plus importante dans cette catégorie de jeunes. Le phénomène étant encore plus marqué pour les filles en surpoids, quatre fois plus enclines que leurs camarades à se juger nulles (source).

Si le problème de l’obésité a d’abord concerné les pays occidentaux, il semble s’étendre de plus en plus, en même temps que s’étand notre modèle de consommation. Selon Philip James, président de l’Equipe internationale de lutte contre l’obésité et ancien conseiller du premier ministre britannique Tony Blair, « la surproduction d’huile, de graisse et de sucre, largement due aux subventions publiques visant à protéger les revenus agricoles, contribue depuis des décennies à la crise sanitaire que nous connaissons aujourd’hui ».

« Nous n’avons pas affaire à un problème médical ou scientifique, » a-t-il ajouté. « Nous avons à faire à une énorme problème économique qui, de l’avis général, va submerger tous les systèmes médicaux de par le monde. » (source).

Mais si plusieurs experts se sont déjà exprimés pour demander une réorientation des politiques agricoles et l’instauration de mesures d’interdiction des produits de malbouffe (junk food), ils ne sont guère optimistes sur leurs chances de les voir aboutir, du fait des fortes pressions des lobbies de l’industrie alimentaires.

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