BP et la gestion des risques

mardi 29 août 2006.par Philippe Ladame
 
Le géant du pétrole British Petroleum (BP) est mise en cause pour avoir minimisé les risques présentés par ses installations en Alaska.

Prudhoe Bay est un gisement géant de pétrole en Alaska. Découvert en 1968 et mis en exploitation en 1977, ses réserves initiales de 13 milliards de barrils en font le plus gros gisement des États-Unis et le deuxième d’Amérique du Nord (source).

Selon le site inforain.org, les dégâts occasionnés par les forages à la région, à sa faune et à sa flore, ont été considérables. En outre, depuis 1995, on a dénombré en moyenne chaque année 400 fuites au niveau des puits et le long des immenses oléoducs (le pipe-line Trans-Alaska) qui permettent l’exportation du pétrole vers le sud.

En mars 2006, une fuite sur un oléoduc de transit de Prudhoe Bay avait laissé s’échapper entre 700 000 et 1 000 000 de litres de pétrole. Et de nouvelles fuites sont intervenues ce mois d’août, obligeant BP à réduire la production au quart de son niveau habituel.

Selon Richard Pike, président de la Société royale de chimie britannique qui a travaillé pendant vingt-cinq ans comme consultant auprès des majors du secteur, « un grand nombre d’installations pétrolières sont maintenues en service au-delà de leur durée de vie normale, limitée à vingt-cinq ans, et il est inévitable que nous commencions à voir ce genre de problèmes. »

Et la compagnie pétrolière est aujourd’hui mise en cause pour avoir minimisé ces risques. Ceux-ci avait été pointés par la société Coffman, qui, mandatée pour faire un examen détaillé du champ de Prudhoe Bay, avait tenté d’alerter, dès 2001, le département pour la protection de l’environnement de l’Alaska (ADEC) sur les défaillances du programme d’entretien des pipelines.

Mais, comme l’explique Le Monde du 29/08/06, BP était alors intervenue pour obtenir une réécriture du rapport, dans un sens plus favorable. Le site POGO explique ainsi que l’étude des versions originale et finale du rapport montre plusieurs occasions où des commentaires critiques ont été effacés et remplacés par des commentaires positifs. Par exemple, la version originale, publiée par le Wall Street Journal, disait que le programme de BP de surveillance de la corrosion « rend difficile de parvenir à une bonne compréhension de la base de leur stratégie en matière de corrosion. » Dans la version finale, cette phrase était remplacée par « BP a montré un engagement clair dans le contrôle de la corrosion ».

« Nous avons fourni des informations complémentaires pour corriger ce qui nous semblait être des erreurs factuelles et analytiques » de la part de Coffman, s’est défendu Steve Rinehart, porte-parole de BP, cité par Le Monde. « Cela fait partie du processus normal d’échanges lorsque vous passez en revue un programme tel que celui-ci. Il n’y a pas eu de pressions inapropriées », a-t-il affirmé.

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