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Estelle Saget dans un article de l’Express paru le 25/10/04, évoque les quelques cas d’agriculteurs malades ou de parents d’agriculteurs décédés qui, sans doute possible, tiennent les pesticides pour responsables.
Quelques uns seulement, alors que le secteur compte 1.3 millions d’actifs et à peu près autant de retraités. Voilà qui est étonnant.
Estelle Saget explique cette réserve. « Ceux qui osent rompre la loi du silence sont l’exception. Car dénoncer la nocivité des herbicides ou des insecticides, c’est ébranler le fondement même d’une politique agricole exclusivement tournée vers le rendement. Or, dans ce système, en place depuis quatre décennies, les différents acteurs ont tous quelque chose à se reprocher. Les paysans ont répandu ces produits sur leurs champs sans prendre la précaution de porter gants ou masque. De leur côté, les coopératives les leur ont vendus sans autre mise en garde que les mentions elliptiques portées sur les étiquettes : « Possibilité d’effets irréversibles », peut-on lire à l’arrière de ce bidon, empoigné au hasard dans le stock d’une ferme. Effets sur quoi ou sur qui ? L’utilisateur devinera... Quant aux fabricants, ils ont prospéré sur un marché en pleine expansion, négligeant l’impact à long terme de leurs spécialités sur la santé humaine. Les autorités sanitaires, qui ont homologué ces poisons légaux sans se donner les moyens de les évaluer correctement, ne peuvent pas non plus pavoiser. »
Or le problème semble bien réel. Les agriculteurs, qui vivent éloignés des centres de pollution, dans un air globalement beaucoup plus sain que les citadins et avec une activité physique plus régulière, devraient être en meilleure santé que les autres. Et c’est d’ailleurs le cas ... sauf en ce qui concerne certaines pathologies.
Difficile pourtant de cerner le problème. En effet, à la différence de l’amiante qui provoque une pathologie précise (atteinte de la plèvre), les pesticides sont plus variés, tant en nombre qu’en effets. Les produits phytosanitaires, ce sont quelque 900 matières actives différentes. « Certains pesticides sont des poisons qui s’accumulent dans les graisses, explique le Dr Isabelle Baldi, de l’Institut de santé publique à l’université de Bordeaux 2. D’autres sont éliminés rapidement, mais provoquent des effets irréversibles qui s’additionnent à chaque utilisation. » Et si certaines de ces substances ont été identifiées comme facteur de risques dans plusieurs types de cancers, dans les maladies de Parkinson, d’Alzheimer ainsi que dans des cas d’infertilité, elles n’en sont pas des déclencheurs automatiques et exclusifs. D’où le flou actuel.
A l’heure où, à l’initiative du WWF on apprend que « Un total de 55 produits chimiques toxiques a en effet été retrouvé dans le sang des ministres testés », il est temps, plus que temps, de prendre la mesure sérieuse du problème de la contamination diffuse, de développer les études scientifiques précises, et de renforcer, par précaution, la directive REACH (comme le demandent les signataires de "L’appel de Paris").
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Quelques uns seulement alors que le secteur compte 1.3 millions d’actifs et à peu près autant de retraités. Voilà qui est étonnant
" Mais non, pas du tout ! Pourquoi vous étonner ? Connaissez vous la mentalité du monde rural ? J’habite une commune où un maraîcher inonde de pesticides, depuis des années, les terres qu’il cultive et où les recherches d’une eau de bonne potabilité, exempte de nitrates, grèvent les finances communales, sans que jamais le principe des "pollueurs payeurs" soit appliqué. Le veau d’or est toujours debout !