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La commission Energie des Verts vient de publier une série de questions-réponses par laquelle elle tente de répondre concrètement à des questions concrètes.
L’exercice, inégalement réussi, est au total intéressant. Quelques unes des questions :
L’effet de serre et ses conséquences sont une menace pour la planète. Grâce au nucléaire la France émet nettement moins de gaz carbonique que ses voisins européens. Pourquoi refuser cette solution ? (réponse)
Vous dénoncez le suréquipement nucléaire de la France mais les exportations d’électricité sont une source de revenus importante. Qu’en pensez-vous ? (réponse)
Est-il vrai que les panneaux photovoltaïques consomment plus d’énergie lors de leur fabrication qu’il n’en fournissent ensuite pendant leur utilisation ? (réponse)
Dans un ordre d’idées un peu différent, signalons aussi les questions posées autour des solutions de stockage du CO2. Partant de l’idée que, même dans les hypothèses les plus optimistes, nos sociétés resteront majoritairement dépendantes des énergies fossiles jusqu’au moins 2030, mais que, contradictoirement, il est indispensable pour la durabilité de la planète de réduire d’au moins 60% les émissions de CO2, il a été imaginé de capturer le CO2 d’origine industrielle et de le stocker en profondeur.
Selon le site co2geonet, programme européen d’étude des solutions de stockage géologique du CO2, les fonds de la Mer du Nord représentent une capacité de stockage théorique de 800 gigatonnes. Un article du Monde indique, quant à lui, que celle des divers aquifères salins profonds de par le monde est évaluée entre 350 et 1 000 gigatonnes de gaz carbonique. Avec des émissions mondiales d’origine humaine proches de 30 gigatonnes par an, on comprend que la chose mérite d’être étudiée comme solution d’urgence, le temps qu’on développe sérieusement les renouvelables et qu’on devienne raisonnable.
Mais les questions ne manquent pas et une étude récente, évoquée dans l’article du Monde, montre les difficultés du sujet. Utilisant un ancien puits de pétrole texan, Yousif Kharaka, du Service de géologie des Etats-Unis, a injecté sous pression 1 600 tonnes de CO2 liquide dans une poche aquifère de 24 m d’épaisseur située à 1 500 m de profondeur et s’est aperçu d’une augmentation rapide de l’acidité de la saumure qui a abouti à une dissolution des carbonates et d’autres minéraux du réceptacle.
"Cela pourrait finir par créer des passages dans la roche ou les scellements des puits, conduisant à des fuites de saumure et de CO2", écrivent les chercheurs dans la revue Geology de juillet. Divers métaux et composés organiques pourraient suivre le même chemin. "L’impact environnemental pourrait être majeur si de grands volumes de saumure accompagnés de métaux toxiques migraient vers des nappes d’eau potable", mettent-ils en garde.
Nick Riley, du Service géologique britannique, coordinateur du CO2GeoNet, se veut rassurant. Il explique que les réactions chimiques évoquées sont réelles, mais qu’elles peuvent se révéler facteur d’étanchéité supplémentaire. Mais surtout, préoccupé par l’urgence il estime que « le stockage géologique est un risque à prendre ». « Pendant que nous tardons à déployer cette technologie par peur des fuites, nous permettons à 100 % du CO2 issu des combustibles fossiles de s’évader dans l’atmosphère. Ce qui aura des conséquences désastreuses en termes de changement climatique, de montée des eaux et d’acidification des océans, » explique Nick Riley.« Il nous reste peu de temps." »