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Dans un communiqué (.pdf) du 18/07/06, Electricité de France (EDF) explique être confrontée à des difficultés pour fournir l’électricité demandée.
« En période estivale, les ressources en eau, indispensables à la production hydraulique et qui interviennent également dans le nécessaire refroidissement des réacteurs nucléaires et des centrales thermiques, sont naturellement plus faibles. Par ailleurs, les très fortes chaleurs de ces derniers jours, supérieures de 3 à 6 degrés aux normes saisonnières, ont entraîné une hausse des températures de l’air comme des fleuves qui affectent également les capacités de production d’électricité. Ces conditions climatiques exceptionnelles, conjuguées à une hausse de la consommation, ont ainsi à ce jour engendré un déficit de production, » indique le communiqué.
Pourtant l’entreprise a « pris toutes les dispositions pour optimiser sa production. » Elle a même obtenu l’autorisation de « rejeter, de manière exceptionnelle et sur trois sites nucléaires (centrales du Bugey, de Tricastin et de Golfech), de l’eau dans les fleuves à une température légèrement supérieure aux contraintes ordinaires. »
Mais cela n’a pas suffi et le communiqué annonce que « des achats d’électricité sur le marché de gros ont dû être effectués de manière préventive, et à hauteur de 2 000 MW, pour faire face à une situation qui pourrait perdurer dans les jours à venir. »
Un couac qui motive Pierre Gadonneix, Président Directeur Général d’EDF, à conclure à la légitimité de « la relance de nos investissements, notamment dans les moyens de production, aujourd’hui engagée, (qui) doit contribuer à assurer la sécurité d’approvisionnement ».
Une conclusion que ne partage bien sûr pas du tout l’association Agir Pour l’Environnement (APE) qui, dans un communiqué du 19/07/06, souligne l’ironie de la situation : « L’imprévoyance d’EDF alliée à la perfectibilité du système électrique français amène le lobby nucléaire à importer de l’électricité chez nos partenaires européens suisses, allemands et italiens qui ont fait le choix responsable de ne plus dépendre du nucléaire. »
Dénonçant l’idée fausse d’un déficit structurel qui nécessiterait plus d’investissement pour plus de nucléaire, APE demande « au contraire une diversification des moyens de production électrique afin de ne plus être soumis aux aléas structurels des centrales nucléaires. L’association réclame également la mise en œuvre d’une vaste campagne de maîtrise de l’énergie reposant notamment sur l’isolation et la construction de bâtiment bioclimatique ne nécessitant pas systématiquement le recours à une climatisation énergétivore et climatophage ! »