Sécurité nucléaire : peut mieux faire

mardi 4 avril 2006.par Alain Richard
 
L’ASN juge que l’année 2005 a été plutôt satisfaisante sur les plans de la sûreté et de la radioprotection, mais pointe des améliorations nécessaires.

Pour le compte de l’Etat, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) assure le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires et informer les citoyens. L’ASN vient de publier son rapport 2005 qui se fixe comme objectif de « rendre compte de l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France. »

Satisfecit pour ce qui concerne « la rigueur et le sérieux avec lesquels COGEMA exploite les installations du site de La Hague... », idem concernant les réacteurs nucléaires d’EDF.

En revanche, jugement plus nuancé s’agissant du CEA, qui « doit veiller à mieux prendre en compte les priorités en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection en amont de ses décisions budgétaires d’investissement, et doit développer sa capacité interne à évaluer la sûreté de ses installations. »

Pas d’inquiétude particulière dans le domaine de la recherche et plus particulièrement du projet ITER, déclare l’ASN qui affirme néanmoins qu’elle restera vigilante sur « la capacité de l’entité internationale en charge du projet à assumer pleinement ses responsabilités d’exploitant nucléaire, sans être abusivement protégée par un statut d’immunité diplomatique. » [1]

La vigilance de L’ASN portera notamment en 2006 sur les éventuels effets négatifs sur la sûreté nucléaire que pourrait induire l’ouverture du capital d’EDF.

« Enfin, [l’ASN] suivra avec attention les discussions autour du projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires auquel elle a participé et le projet de loi relatif à la transparence et à la sûreté en matière nucléaire qui la concerne directement. En effet, ce projet de loi prévoit la création d’une haute autorité de sûreté nucléaire (HASN) en tant qu’autorité administrative indépendante. Cette HASN remplacera l’actuelle ASN qui verra donc ses statuts modifiés. Alors qu’elle est actuellement rattachée aux ministères de l’industrie, de l’environnement et de la santé, la nouvelle HASN sera indépendante. Son budget sera néanmoins placé sous la responsabilité du Parlement. Ses missions resteront inchangées. » précise Actu Environnement.

Hasard du calendrier, Le Monde relate aujourd’hui même dans un article sous le titre "Bévues à la centrale nucléaire de Civaux" ce qu’il advint le 3 mars dans cette centrale (Vienne) où, suite à une négligence d’un technicien (celui-ci avait malencontreusement posé son livre -ou son manuel d’utilisation- sur un mauvais bouton), la puissance thermique maximale autorisée a été dépassée pendant une minute et vingt secondes. « EDF propose de classer cet incident au niveau zéro de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES), qui va de 1 à 7. » L’ASN parle quant à elle d’un "manque de rigueur" et demande à EDF "de sensibiliser les agents aux risques liés à l’utilisation de documents à proximité des claviers de commande".

C’est préférable, effectivement.

[1] On pourra consulter l’écho que donne Actu Environnement de la parution du rapport de l’ASN.

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