Climat : des risques substantiels

lundi 30 janvier 2006.par Philippe Ladame
 
Réagissant à un nouveau rapport commandé par le gouvernement britannique, Tony Blair évoque une évolution "non soutenable".

BBC News publie les grandes conclusions d’un rapport de 400 pages qui fait suite à la conférence internationale tenue à l’initiative du bureau météorologique du Royaume-Uni en février 2005.

Avec le réchauffement climatique, le rapport conclut à une élévation probable du niveau des eaux. L’expansion thermique de l’eau provoque déjà une élévation de l’ordre d’1.8 cm par décennie. Mais cette élévation serait considérablement plus importante si les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique venaient à fondre.

L’Arctique se réchauffant plus vite que la moyenne du globe, un réchauffement moyen global de 1.5C (considéré par le rapport comme à peu près inéluctable) signifierait une réchauffement de 2.7C en Arctique. Ceci, outre l’apport d’eau, aurait des répercussions sur le Gulf Stream (voir notre article).

En Antarctique, si la calotte de la partie est devrait ne pas bouger, ou peut-être même épaissir, en revanche la partie ouest, qui repose sur des rochers immergés, pourrait bien, selon des études récentes, se mettre à fondre par le bas.

L’augmentation des concentrations de dioxide de carbon, outre l’effet de serre en atmosphère, provoquera une augmentation de l’acidité des eaux qui pourrait avoir des conséquences sur les écosystèmes. Sans être en mesure de prédire les impacts, les experts du laboratoire marin de Plymouth avertissent : « Des modifications aussi importantes du Ph des océans ne se sont probablement pas vu depuis des millions d’années dans l’histoire de la terre. »

Dans l’hypothèse d’une augmentation de 2C, le rapport prévoit les conséquences suivantes :
- moindre productivité générale des productions agricoles
- triplement des mauvaises récoltes en Europe
- migration massive dans le nord de l’Afrique suite à désertification
- jusqu’à 2.8 milliards de personnes privées d’eau
- disparition de 97% des récifs coralliens
- disparition de la mer de glace arctique et extinction du phoque et de l’ours polaire
- expansion de la malaria en Afrique et Amérique du Nord.

Pour espérer atteindre l’objectif de 2C (fixé par l’Union Européenne) la concentration de gaz à effet de serre doit être contenue sous les 450 ppm [1] d’équivalent-CO2, estiment Michel den Elzen de l’Agence d’Evaluation Environnemental des Pays-Bas et Malte Meinshausen du Centre National de Recherche Atmosphérique des USA.

Une stabilisation à 450 ppm d’équivalent CO2 nécessite que les émissions mondiales atteignent un maximum vers 2015, puis connaissent des diminutions substantielles de l’ordre de 30 à 40% des niveaux de 1990, d’ici 2050.

Selon le rapport, c’est techniquement possible. Les renouvelables, l’efficacité énergétique, le nucléaire et le "charbon propre" sont cités comme des options possibles pour y parvenir. Mais il conclut néanmoins : « Il y a une multitude d’obstacles potentiels, manque de prise de conscience, rentes de situation, prix n’incluant pas les coûts environnementaux, freins culturels et comportementaux au changement et, pour ce qui est de la diffusion des technologies vers les pays en développement, manque d’un environnement propice à de nouveaux investissements.  »

Le site de BBC News propose des visuels sur le thème du réchauffement climatique.

[1] ppm : particules par million.

IMPRIMER


Dernières brèves