Australie : sénatoriales le 9 octobre

mercredi 29 septembre 2004.par Philippe Ladame
 
Les électeurs australiens doivent choisir leurs représentants au sénat le 9 octobre prochain, par "vote alternatif"

Le système électoral australien est un peu complexe et mérite qu’on s’y arrête.

Le 9 octobre prochain, les électeurs des 6 états et 2 territoires qui composent le pays ne seront pas appelés à voter juste pour un nom. Ils devront indiquer précisément leur préférence entre les différents candidats, en composant un "ticket" dans lequel à chaque candidat est attribué un numéro d’ordre.

Pour ce faire ils pourront adopter deux méthodes, qu’on peut deviner sur le bulletin de vote ci-dessous.

- soit voter "au-dessus de la ligne" (partie haute), c’est à dire choisir un parti, en acceptant le "ticket" que ce parti a préparé.
- soit voter "en-dessous de la ligne" (partie basse), en remplissant soi-même toutes les cases, affectant ainsi un numéro à tous les candidats (de tous les partis).

(On peut voir ce bulletin en plus grand sur le site de la Commission Electorale australienne)

Au soir du scrutin, on calculera le quotient électoral (suivant la formule : Quotient = (suffrages/sièges+1) + 1). Tout candidat ayant atteint le quotient sera déclaré élu. Ses voix "en trop" (au-delà du quotient), seront reportées sur les candidats placés en second choix par les électeurs. Les candidats atteignant le quotient, suite à cette addition, seront élus. Leur surplus de voix sera reporté sur les candidats de troisième choix, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les postes soient pourvus.

Le site ACE Project fait une analyse détaillée de ce système électoral dont on peut retenir quelques grands traits :

- Il permet à un citoyen très motivé de dire ses préférences, y compris individuelles, faisant ainsi passer des messages précis tant aux partis qu’aux candidats.

Cependant il faut noter que près de 95% des votants optent pour la solution du ticket-type pré-rempli par le parti qu’ils choisissent.

- Il diminue considérablement l’effet "vote utile" qui entraîne souvent les électeurs à voter plus par calcul que par conviction.

En effet, si je vote A > F > G > C et que A fait un piètre score, ma voix ira à F, ou peut-être à G, mais en aucune manière elle ne pourra permettre l’élection de B.

- Il rend lisibles les alliances plus ou moins affichées.

Ainsi, pour l’élection du 9 octobre les Verts ont préparé, à l’intention de leurs électeurs, dans les 8 circonscriptions, des "tickets" composés ainsi : d’abord les candidats "Greens", puis les candidats "Democrats", puis, presque toujours, les candidats "Labor Party". Les démocrates et les travaillistes, quant à eux ont mis presque partout en deuxième position les candidats de "Family First" ("la famille d’abord") [1] .

Au total, il s’agit probablement d’un système qui "tend vers le centre", ce que d’aucuns considéreront comme un défaut, mais qui a l’avantage d’assurer la représentation des minorités (du moins, les minorités fortes) et d’éviter les aberrations bi-partisanes du type que nous avons connu en France à la suite d’une certaine élection présidentielle en 2002.

Dans le cadre de leur campagne les Verts australiens viennent de publier leur programme en matière de technologies de l’information, qui inclut l’informatisation des opérations de vote. Les autres points forts en sont : + Dépénaliser la copie à usage privé ; + Rendre ces technologies plus accessibles ; + Renforcer la protection de la vie privée ; + Financer davantage recherche et développement ; + Privilégier les logiciels libres ; + Rendre les fabricants responsables du recyclage des produits qu’ils fabriquent et vendent.

[1] Ceux qui lisent l’anglais seront peut-être intéressés de parcourir le Blog des Greens où il est question, d’abord de la composition des "tickets", puis des questions d’orientation sexuelle et de morale.

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