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Les "cours particuliers" du passé ont vécu. La petite annonce que les étudiants laissaient sur la porte de la boulangerie du quartier s’est envolée. Les demandes de parents souhaitant qu’un professeur leur "recommande quelqu’un" se sont taries.
Le petit artisanat du cours particulier au noir est en perte de vitesse, mais l’industrie du cours particulier explose.
Selon Ouest-France du 9/01/06, 850.000 jeunes Français auraient recours au soutien scolaire chaque année. Et le leader français du secteur, coté en bourse, dit employer 25.000 enseignants.
Ces entreprises, qui facturent l’heure de cours entre 32 et 45 €, connaissent une forte croissance de chiffre d’affaires, encouragée par le fait que leurs prestations ouvrent droit à réduction d’impôt au titre de l’emploi à domicile (50% des sommes versées).
Des entreprises qui tentent d’occuper chacune un créneau comme "Après la classe" qui développe un service de nounou de fin d’après-midi à l’intention des « mamans très occupées » ou comme le "Cours Legendre" qui organise des « stages intensifs » ou encore comme "Acadomia" qui proposent par ses « Evaluation Acadomia® » de vérifier la maîtrise des notions de l’année scolaire en cours et de celles des années précédentes.
Mais ce sont bien les cours particuliers qui constituent l’activité tendance, avec des élèves plus jeunes qu’auparavant puisque les cours concernent maintenant souvent les collégiens. « les parents n’ont pas envie de se crêper le chignon autour des devoirs. C’est une façon de déplacer les tensions hors du cercle de la famille, » estime Dominique Glasman, sociologue auteur d’un rapport pour le Haut conseil de l’évaluation de l’école (.pdf 758 Ko).
Un rapport sur l’accompagnement scolaire qui signalait, dans sa conclusion : « Certaines entreprises pourvoyeuses de cours particuliers à domicile ont déjà commencé à démarcher des municipalités, en usant d’un argument difficilement réfutable : pour permettre à tous les élèves de bénéficier de leurs services, elles invitent les édiles à passer avec elles un marché, un peu comme pour les cantines scolaires (La Vie, 2004). Cela coûterait un peu plus cher que ce qui est versé aujourd’hui pour l’accompagnement scolaire, mais si c’est plus efficace en termes de réussite dans la compétition scolaire ? Le seul moyen de contourner cette argumentation commerciale, c’est pour les pouvoirs publics de prendre en compte une demande au delà de ce qui est exprimé par les parents et les élèves, et de veiller à ce que l’accompagnement scolaire proposé non seulement soit rigoureux sur les résultats qu’il produit, mais qu’il permette aux élèves accueillis de "réussir" dans le sens que recouvre aujourd’hui cette expression pour tous les engagés volontaires ou involontaires dans la compétition scolaire. »