Chômage 2005

vendredi 30 décembre 2005.par Philippe Ladame
 
Chômage élevé et baisse des demandeurs d’emploi caractèrisent la fin de l’année 2005.

Le chômage reste élevé en France où il représente, à fin 2005, 9.6% de la population active. Il a donc baissé depuis le pic d’avril 2004 (10.2%), mais reste d’un point supérieur à la moyenne européenne.

Un tableau publié par l’agence Reuters confirme qu’il touche davantage les femmes que les hommmes (2% de plus) et qu’il concerne plus d’un jeune sur cinq (moins de 25 ans).

En novembre, selon les chiffres du ministère publiés jeudi 29 décembre, 2 329 900 demandeurs d’emploi ont été comptabilisés dans la catégorie 1 [1]. Ce chiffre constitue une petite baisse et le ministre délégué à l’emploi, Gérard Larcher, espère qu’elle se poursuivra pour atteindre « le seuil psychologiquement important de 9 % (de chômeurs) pour le second semestre 2006. »

Mais certains analystes mettent en évidence la fragilité du processus. « Les créations d’emplois salariés restent encore d’un niveau assez faible. Selon une étude de la Dares, organisme d’études du ministère de l’emploi, publiée en décembre, le solde positif des créations se monte à un millier au cours du troisième trimestre, au lieu de 21 000 au trimestre précédent. Le dynamisme du secteur du bâtiment (+ 7 000) et du tertiaire (+ 19 000) parvient à peine à compenser les 25 000 suppressions dans l’industrie. » (source).

Pour le syndicat Force Ouvrière, par exemple, « un contrôle renforcé de l’ANPE aboutissant à une augmentation des radiations pour absence au contrôle » explique pour une bonne part les relativement bons résultats actuels.

L’Insee évoque en outre une modification du comportement d’inscription des chômeurs à l’ANPE. Selon les dernières données disponibles, en octobre, seuls 58,8% des demandeurs d’emploi bénéficiaient d’une indemnisation. Ce taux de couverture était en baisse de 2,3 points sur un an, un reflux imputable notamment à la réforme de l’Unedic de décembre 2002, qui a réduit de 30 à 23 mois la durée de l’indemnisation-chômage. Il est possible que, de ce fait, certains chômeurs qui n’ont pas droit à une allocation-chômage se tournent en plus grand nombre vers des missions d’intérim sans s’inscrire à l’ANPE (source).

Les mesures gouvernementales récentes jouent certainement leur part. 150 000 contrats d’avenir ou d’accompagnement vers l’emploi ont été signés par les collectivités locales et les associations. 20 000 emplois "vie scolaire" ont été créés dans l’éducation nationale. Enfin, depuis le mois d’août, 220 000 salariés ont été embauchés sous contrat nouvelle embauche (CNE).

L’un des enjeux de l’année 2006 sera certainement de voir ce que sera l’évolution de l’emploi, et, singulièrement, la part qu’y rendra la précarité.

[1] Rappelons qu’il convient d’ajouter à ce chiffre d’autres catégories de chômeurs (voir notre article).

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