![]() |
BBC News (en anglais) revient sur le bilan écologique du tsunami de décembre 2005.
Comme l’indiquaient les impressions premières, des études ont confirmé que la présence ou l’absence de mangroves, végétation sauvages de plantes, d’arbustes et d’arbres qui poussent, les pieds dans l’eau, dans la zone humide incertaine entre terre et mer, a joué un rôle qui a pu être considérable dans la protection des humains.
Une étude de l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature and Natural Resources), publiée le 19 décembre, a ainsi mis en évidence la différence considérable des effets du tsunami dans deux villages voisins du sud du Sri Lanka, Kapuhenwala et Wanduruppa. Dans le second, entre 5.000 et 6.000 personnes sont mortes. Le premier, protégé par une mangrove très dense, n’a déploré que deux victimes.
Le journal insiste sur l’importance de ces écrans végétaux naturels, qui ont, dans certains endroits, été malmenés pour favoriser, ici, l’aquaculture des crevettes, là, l’implantation touristique. On a évalué qu’ils absorbaient entre 70 et 90% de l’énergie des vagues.
Pour le corail, c’est un peu la même constation qui est faite. Quand le corail était en bonne santé auparavant, les dégâts occasionnés par le tsunami se réparent relativement bien et assez vite. En revanche, dans les zones où les récifs était dégradés (par la pêche aux explosifs, par l’exploitation du corail) les conséquences du tsunami ont été plus lourdes et se font sentir plus longtemps.
Ces observations renforcent l’idée que ces territoires doivent, plus encore que d’autres, du fait de leur exposition, faire l’objet de politiques environnementales cohérentes.
Ce n’est bien sûr pas simple. BBC News évoque, à ce propos, le problème la pêche. « Quand les vagues géantes ont balayé la côte en décembre 2004, entre 80 et 90% de la flotte de pêche a été détruite. Ceci a déclenché un effort massif de la communauté internationale pour remplacer les bateaux et le matériel disparus, » explique l’article.
Dans certains cas, l’aide pourrait même être un facteur de déséquilibre à venir. Ansi, le journal rapporte les propos de Stephen Hall, spécialiste de la pêche, qui s’inquiète : « il y a un réel danger de replacer ces communautés dans la spirale négative de la pêche non-durable, » explique-t-il.
Il donne en exemple la région d’Aceh. 10.500 bateaux ont été endommagés par le tsunami. Grâce aux aides diverses, 2.500 d’entre eux ont été réparés et 10.800 ont été construits ou sont sur le point d’être achevés. « Nous voilà avec 2.800 bateaux de plus qu’il y a un an, » conclut-il. Dans une zone où les poissons ont plus de mal à vivre (mangroves et récifs sont des lieux importants pour la vie marine), une surpêche pourrait avoir de graves conséquences.