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Henri Maler, l’un des animateurs de l’association Acrimed - Observatoire des médias, a publié, ce 21/12/05, une réflexion sur les rapports qu’entretiennent Attac et les médias.
Notant que « les journalistes ne sont pas seulement des observateurs, mais aussi, peu ou prou, des acteurs », Henri Maler évoque l’article du Monde que Sylvia Zappi a consacré, à la veille de l’ouverture de l’assemblée générale annuelle de l’association, à son président Jacques Nikonoff. Un article dans lequel, selon lui, « des contestataires de la contestation se croient obligés de jouer le jeu qu’ils récusent pour tenter de contrer les confidences hostiles par des confidences amicales : de quoi entretenir l’illusion d’un travail journalistique équilibré. »
Pour Henri Maler, cet article s’inscrit dans l’histoire des « liaisons dangereuses d’Attac avec les médias » depuis plusieurs années. Il s’inquiète de ces interventions des médias qui, « à grand renfort de déclarations anonymes ou inventées, » s’invitent dans les débats de l’association, et dont il voit la source dans l’incapacité du mouvement à prendre à bras-le-corps la question des médias.
« Invoquant une « complexité » qu’ils n’analysent pratiquement jamais pour couvrir la complaisance qu’ils adoptent trop souvent, nombre de porte-parole du mouvement altermondialiste n’ont de cesse de conforter le droit d’ingérence de journalistes qui prétendent subordonner la démocratie à la médiacratie. Ce droit d’ingérence se prévaut d’un devoir de transparence que les barons du journalisme interprètent à leur gré et que les entreprises médiatiques ne respectent nullement,... sous prétexte de protéger leur indépendance, même si celle-ci est une fiction, » estime-t-il.
Henri Maler laisse entendre que les militants voient leurs débats internes doublement confisqués, d’une part par la retranscription qu’en font les journalistes (citant l’exemple d’un compte-rendu de Didier Hassoux dans Libération), d’autre part par les animateurs d’Attac eux-mêmes (« A peine les votes sont-ils intervenus que les protagonistes du débat interne se sont empressés de commenter les résultats devant la presse, chacun pour chanter victoire »).
Evoquant le projet d’organiser des « Etats Généraux pour une information et des médias pluralistes », il conclut : « Tout ce que nous pouvons souhaiter à Attac (et à nous-mêmes par la même occasion...), c’est que cette association intensifie vraiment, comme l’AG en a émis le vœu, sa « campagne de critique des médias » et modifie, du même coup, son rapport aux médias. »