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Actuellement, dans de nombreuses communes Bretonnes, le Foray 48B est utilisé pour le traitement des arbres infestés par les chenilles processionnaires.
Quelques recherches sur ce produit permettent d’affirmer que le plus élémentaire principe de précaution a été ignoré. Cette préparation est à base de bacille de Thuringe (même famille que le bacille de l’anthrax et que celui de la gastro-entérite) et est proposé dans la solution utilisée de façon courante avec 40 autres composés chimiques dont on ne connaît presque rien. Le budget de la recherche est tel en France qu’aucune étude n’a été effectuée sur ce produit. Cependant, tant aux Etats Unis, qu’au Canada, Danemark, Hollande et en Nouvelle Zélande, les médecins et hôpitaux mettent en garde lors de l’utilisation de ce produit puisque des troubles sanitaires ont été mis en évidence lors de l’épandage de ce produit. Les personnes allergiques et immuno-déprimées étant plus particulièrement touchées.
Parmi les 40 composants du Foray 38B, deux au moins sont particulièrement inquiétants : le 1,2-benzisothiazolin-3-one qui est listé comme immunotoxique et le ethoxylated phenoxy qui se dégrade en nonylphéol produit qui stimule la croissance des cellules malignes dans le cancer du sein et qui féminise les poissons mâles.
D’autre part, l’hôpital de Seattle recommande aux administrés de fermer toutes les ouvertures et de rester enfermés pendant 30 minutes après la pulvérisation. Même chose pour les animaux domestiques. Les enfants ne doivent pas jouer dehors tant qu’il n’y a pas eu d’humidité sur le produit pulvérisé. Les risques sont plus grands pour les personnes qui ont des problèmes respiratoires et les personnes âgées. Les personnes atteintes de SIDA, leucémie, asthme, emphysèmes, allergies, celles qui reçoivent des traitements de chimiothérapie ou des radiations doivent être mises en garde. Les habitants sont prévenus par mail ou téléphone avant qu’il y ait une pulvérisation. Ce qui n’est pas le cas dans nos communes.
Certes, les chenilles processionnaires représentent un double danger, tant sur le plan humain (le contact provoque des risques d’urticaire et d’allergies parfois sérieuses), que sur le plan végétal (les arbres sont affaiblis par une défoliation plus ou moins importante et peuvent même périr). Les animaux en sont aussi victimes. Cependant il est impossible de savoir quel bilan exact on peut tirer de ce traitement par Foray 48B. S’il doit être recommencé périodiquement, alors, il faut en conclure qu’il n’est pas efficace dans le temps.
Or il existe des alternatives pour tous les secteurs urbanisés (proches du Golfe du Morbihan et du littoral, par exemple). Ceci consisterait à couper les branches porteuses de nids (plates-formes et nacelles élévatrices), poser des barrières, épandre des poudres inertes, des substances adhésives, des huiles, des écrans, des films minces ou des pièges voire tirer des cartouches à sel dans les nids, en hiver. L’énergie thermique peut également être utilisée.
Il faut également interdire par arrêté municipal ou communautaire toute nouvelle plantation sur le territoire des différentes variétés de conifères susceptibles de devenir des supports aux cocons des chenilles.
Un bilan de toutes ces alternatives devrait être effectué avant de passer à tout autre traitement qui devra être, si nécessité en priorité terrestre et local (certains pays européens ont déjà choisi d’interdire la pratique de l’épandage aérien). Notre santé, notre environnement sont trop fragiles pour être ainsi ignorés.