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Une dépêche Associated Press nous apprend que, ruiné par le jeu, un ancien joueur réclame près de 690.000 euros [1] au « Casino du Grand Café » à Vichy (Allier) pour « manquements aux obligations d’information, de conseil et de loyauté. »
M. Bryk, le plaignant, qui se définit comme un « joueur pathologique » était devenu entre mars 1995 et octobre 2003 un habitué des salles du « Grand Café ». Il reproche au casino de n’avoir rien fait pour freiner ce qui devenait, à l’évidence, une grave dépendance. Alors même que, rendu agressif par les pertes accumulées, il brise à deux reprises des machines à sous, rien n’est fait pour lui interdire l’accès à l’établissement.
Mais l’avocat du casino réplique qu’il « est interdit aux casinos d’interdire l’accès de leur établissement si le client n’est pas inscrit sur une liste délivrée par le ministère de l’Intérieur. » Il explique que la législation prévoit que c’est au client de faire la démarche. « Pour se faire interdire de casino, » précise-t-il, « il suffit de faire une lettre au service ’course et jeux’ présent dans tous les casinos, et l’interdiction reste valable cinq ans, et ne peut être levée qu’à expiration du délai. »
Ceci c’est la théorie, semblent estimer le plaignant et son avocat. Dans la pratique, tout a été fait par le casino pour conserver le plus longtemps possible la clientèle de M. Bryk, expliquent-ils, évoquant le traitement très VIP accordé au joueur, fréquemment gracieusement invité à dîner par le casino.
« Rien dans le droit français ni dans la philosophie de la société française ne justifie l’action que M. Bryk a engagé, » a déclaré, lors du procès l’avocat des accusés. Effectivement, la "philosophie de la société française" c’est de pousser à consommer, toujours plus. Quant à savoir si le frein doit résider dans toujours plus de législation ou dans la prise de conscience, c’est une bonne question ...
[1] Le plaignant réclame 77.000 euros pour préjudice moral, et 610.000 euros pour préjudice économique.