Soutenir le soja non-OGM

mardi 25 octobre 2005.par Philippe Ladame
 
La question des OGM ne se joue pas seulement en France devant les tribunaux. Le Brésil en est un autre acteur d’importance.

Sur les 21,2 millions d’hectares de soja cultivé au Brésil, 13 % sont cultivés en soja transgénique. « Mais, selon une étude, plus de la moitié du soja brésilien serait susceptible de contenir des OGM, » explique Le Télégramme du 25/10/05.

Ce niveau de contamination élevé s’explique par la puissance du développement de la culture du soja OGM et par l’action d’un fort lobby de l’agro-business qui a obtenu la libéralisation de la production et de la commercialisation des cultures transgéniques.

Cela ne fait pas l’affaire des 11 régions européennes qui appartiennent au GM-free régions network (réseau des régions sans OGM) et tentent de garantir des filières de qualité, sans OGM, "du champ à l’assiette" pour reprendre l’expression de la région Bretagne, qui, en octobre 2004, s’est engagée dans une démarche pour "une Bretagne non OGM" (source).

C’est d’ailleurs Pascale Loget, vice-présidente verte du conseil régional de Bretagne, qui vient d’emmener au Brésil une délégation européenne du réseau des régions sans OGM [1]. L’objectif de cette démarche commune est de soutenir l’Etat du Parana, seul état du Brésil a résisté encore à l’expansion du soja OGM.

Comme l’explique Le Télégramme, « premier client du Brésil sur ce marché du soja, l’Union européenne a donc incontestablement un rôle à jouer si elle veut préserver ses approvisionnements non-OGM notamment en mettant en place des partenariats entre opérateurs de part et d’autre de l’Atlantique, tout préservant les intérêts des paysans brésiliens par une juste rémunération de leurs efforts. »

Garantir une filière d’importation sans OGM, sans perdre du vue l’objectif de relocalisation, voilà la gymnastique délicate à laquelle Pascale Loget s’essaye. « Il faut se coordonner entre régions européennes importatrices pour préserver notre approvisionnement en soja non-OGM tout en mettant en place un programme de substitution en réorientant l’agriculture vers des modes de production plus autonomes », souligne-t-elle.

[1] Asturies, Pays basque (Espagne), Bretagne, Limousin, Nord-Pas-de Calais, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes (France), Emilie-Romagne, Toscane, Marches (Italie), Drama-Kavala-Xanthi (association de départements grecs).

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