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Jeudi 13 octobre, six associations Amis de la terre, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Réseau action climat, Greenpeace et le WWF ont annoncé qu’elles cessaient leur participation au débat sur le nucléaire.
Le Monde explique que « cette décision fait suite à une lettre du ministre délégué à l’industrie, François Loos, adressée le 12 octobre à la commission nationale de débat public (CNDP), et confirmant que certaines informations ne pourraient pas être discutées en public. »
« La réponse du gouvernement enterre tout espoir d’un débat sur les risques liés au nucléaire dans notre pays », écrivent les associations, pour qui « c’est une décision grave qui nous rappelle que nucléaire et démocratie ne sont toujours pas compatibles au XXIe siècle. »
C’est l’application du "secret défense" aux informations relatives aux matières nucléaires qui suscite la colère des associations. En effet, dans une contribution au débat le réseau Sortir du nucléaire a fait référence à un document technique d’EDF relatif à la résistance de l’EPR à la chute d’un avion de ligne.
« A la demande du haut fonctionnaire de défense du ministère de l’industrie, » explique Le Monde, la CNDP a alors décidé, le 13 septembre, de supprimer "six lignes de la contribution" du réseau évoquant le document d’EDF (Le Monde du 15 septembre).
Les associations ont alors demandé la possibilité de faire intervenir des contre-experts pour étudier la résistance de l’EPR. Mais cette possibilité a été refusée par le ministre de l’industrie qui estime qu’« il ne serait pas raisonnable de détailler plus avant les menaces prises en compte, leurs effets potentiels, ni les moyens mis en place pour les prévenir : ce serait en effet de nature à faciliter, voire à susciter l’exécution d’actes de terrorisme. »
Ce point de vue n’est, bien entendu, pas partagé par les associations qui estiment impensable d’écarter du débat des questions telles que : « l’EPR a-t-il été conçu pour résister à un attentat du type 11-Septembre ? Le plutonium extrait par le groupe nucléaire Areva des combustibles irradiés peut-il servir à fabriquer des bombes atomiques ? Les transports de plutonium en France pourraient-ils résister à une attaque terroriste ? ».
D’où leur décision de cesser leur participation.