La grippe aviaire inquiète

lundi 10 octobre 2005.par Philippe Ladame
 
Alors que l’épidémie progresse chez les animaux, l’inquiétude gagne concernant les possibles conséquences humaines.

Actuellement la grippe aviaire, comme son nom l’indique, est une maladie des volatiles. Le virus H5N1, qui est en cause, peut toutefois se transmettre à l’homme. On dénombre, jusqu’à présent, 112 personnes contaminées ainsi en Asie. Et il s’agit d’un virus puissant. Plus de la moitié des personnes contaminées sont mortes (source).

C’est pourquoi l’annonce de cas de grippe aviaire en Roumanie et en Turquie (source) avive l’inquiétude, même s’il n’est pas encore établi qu’il s’agisse bien, dans ces cas-là, du H5N1 (source).

En tous les cas, la mobilisation se met en place, un peu partout dans le monde. Comme le rapporte Futura Sciences, « en france, le gouvernement a saisi une nouvelle fois l’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur la grippe aviaire, après la découverte de plusieurs cas, ce week-end, chez des oiseaux en Roumanie et en Turquie. »

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a chargé le Dr David Nabarro, l’un des principaux experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans le domaine de la santé publique, de diriger la coordination de l’action des Nations Unies contre la grippe aviaire et une éventuelle pandémie de grippe humaine.

Car là est l’inquiétude principale : l’OMS considère qu’existe aujourd’hui le « risque imminent d’une pandémie de grippe humaine », c’est à dire qu’on ne serait plus confronté à quelques cas de contamination volailles <=> hommes, mais que, suite à une mutation du virus, celui-ci se transmettrait entre humains.

Dans une telle hypothèse, les projections actuelles sont tout à fait dramatiques. Ainsi, le New York Times fait état d’un rapport non encore publié qui, compte tenu de « l’impréparation des Etats-Unis » évoque un scénario catastrophe qui verrait, dans ce pays, l’hospitalisation de plus de 8 millions de personnes, la mort de 2 millions et un coût financier de près de 450 milliards de dollars (source).

Mais, selon le New York Times (en anglais), les experts ne s’accordent pas sur la mesure du risque.
- Certains estiment que, si le virus H5N1 n’a pas déjà muté, c’est qu’il peut pas muter.
- D’autres insistent sur le fait que, généralement, quand un virus mute, il s’affaiblit (les souches les plus violentes meurent rapidement, en même temps que leurs victimes, limitant les probabilités de contamination).
- Enfin certains soulignent que, si les virus traversent plus vite les océans, en revanche les conditions sanitaires sont meilleures aujourd’hui que lors de la grippe de 1918 (qui a fait 50 millions de victimes) et qu’elles devraient être un facteur limitant.

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