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Avec le slogan "moins d’impôt", on joue, bien sûr, sur du velours. Il est la promesse de moins tirer le diable par la queue.
A constater que "moins d’impôt" c’est, rapidement, "moins de services", "moins de sécurité", on commence à douter.
Et si on réfléchit que la sacro-sainte croissance peut recouvrir à la fois de vraies avancées, mais aussi de la production nuisible, on s’interroge.
Alors quand, en plus, sous le "moins d’impôt", la droite veut faire passer "plus d’inégalité", ça tousse.
Dans un article de Libération, Hervé Nathan, évoque les dernières idées géniales de MM. Raffarin et Sarkozy, tellement droitières que même dans leurs rangs, ça coince un peu.
Réduction d’impôts pour les emplois à domicile
Admettons qu’on veuille développer l’emploi à domicile (actuellement 556 000 salariés). A certaines conditions c’est d’ailleurs une bonne idée.
Le dispositif incitatif actuel consiste en la possibilité pour l’employeur de déduire de l’impôt sur le revenu 50% des sommes versées (sous un plafond de 10 000 €)
[1].
Pour aller plus loin on pourrait augmenter le nombre de bénéficiaires (par une aide financière directe aux familles non imposables employant à domicile).
On pourrait, moins hardiment, inciter davantage en augmentant le taux de la déduction (passer à 60% par exemple).
Et bien non. Le choix de M. Raffarin c’est d’augmenter le plafond (à 15 000).
Sur les 1.54 million de foyers qui bénéficient actuellement de cette réduction d’impôt, ce relèvement du plafond ne concernerait que 60 000 ménages (4% !). Lesquels ? Pas ceux qui payent quelques heures de ménage ou de garde par ci par là, non, ceux qui peuvent payer des dizaines d’heures de l’une et de l’autre.
Abattement sur les droits de succession :
M. Sarkozy veut aussi inscrire son nom sur la liste des bienfaiteurs (d’une toute petite partie) de l’humanité.
Il veut augmenter les abattements concernant l’imposition sur les successions. L’idée est de n’imposer les successions qu’au-delà de 100 000 € [2].
Mais son cadeau (600 millions d’euros au total, quand même) n’ira pas également à tous : seuls 20 % des héritages sont concernés, lesquels ? Bingo, vous avez trouvé, ceux qui portent sur les plus grosses fortunes, et seulement celles-là.
Etonnant, non ?
Et le gouvernement a encore dans ses cartons d’intéressantes idées sur l’ISF ...
[1] En 1992, à la création du dispositif, Martine Aubry avait fixé le plafond à 3800 €. En 1993, Edouard Balladur l’avait porté à 13 800 €. En 1997 Lionel Jospin le divisait par deux (6 900 €). Et en 2003 M. Raffarin le portait à 10 000 €.
[2] Une coquette somme quand on sait que le patrimoine moyen des français est de 55 000 €