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Qu’il y ait "une crise du logement" en France, "on ne le découvre pas cette nuit". "Dire que cette crise du logement peut avoir des conséquences dramatiques on le sait également." Martin Hirsch, dont le Nouvel Observateur rapporte ici les propos, est le président d’Emmaüs France. Plus de 50 ans après sa création par l’abbé Pierre, l’association poursuit ses efforts. France Euro Habitat, qui assure la gérance de l’immeuble du XIIIè arrondissement de Paris dans l’incendie duquel 17 personnes, dont 14 enfants, ont péri, est membre du mouvement Emmaüs.
Si ce drame rappelle l’importance d’une action résolue en faveur d’un logement social de qualité, il dit aussi les difficultés de la gestion de la pénurie.
L’immeuble était-il insalubre ? Probablement pas. En 2001, la mairie de Paris avait déclaré insalubres 423 immeubles d’habitation. Le 2, rue Edmond-Flamand n’était pas du nombre. Mais c’était, bien sûr, un immeuble ancien. Comme beaucoup d’autres, il comportait un escalier en bois et il était dépourvu d’issue de secours.
Selon Libération, « une réhabilitation complète avait été agréée en décembre 2003 ». Mais la mise en oeuvre s’avérait difficile. En effet, les 12 appartements de l’immeuble sont loués par des familles nombreuses. « Quelques ménages sont polygames, avec des fratries pouvant compter 11 à 13 enfants », précise Le Monde.
« Nous ne trouvions pas de logements dans Paris pour des familles aussi nombreuses, raconte Patrick Doutreligne, de la Fondation Abbé Pierre, cité par Le Figaro. Il y a 110 000 demandes pour 4 000 nouveaux appartements disponibles à Paris chaque année. Mais là-dedans il est impensable d’espérer trouver des F 6 ou des F 8 ».
« Certains occupants ont refusé de partir, empêchant la réalisation des travaux. D’autres sont partis mais leur appartement a été squatté », explique, de son côté, Billy Tallec, qui travaille auprès de Jean-Yves Mano, adjoint responsable du logement à la mairie de Paris.
« L’immeuble n’était pas insalubre, conclut Patrick Doutreligne, mais il n’était pas en bon état. Les associations finissent parfois par se dire mieux vaut cela que la rue. Cet épisode dramatique nous servira de leçon. Nous ne ferons plus de compromis. »