Cyclisme : dope modèle

mardi 23 août 2005.par Philippe Ladame
 
Plus haut, plus fort, plus vite ... la recherche de la productivité fait des dégâts.

L’Equipe l’affirme : « des analyses récentes pratiquées sur des échantillons datant du premier Tour de France victorieux de l’Américain en 1999, démontrent que Lance Armstrong a déjà consommé des produits dopants ».

Libération donne des détails sur les circonstances et la manière dont l’Equipe est parvenue à la conclusion que, contrairement à ses dénégations, Lance Armstrong a bien eu recours à l’EPO en 1999, une époque où ce produit n’était pas détectable par les analyses effectuées.

C’est le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) qui, reprenant des échantillons d’alors, congelés et anonymes, a effectué « dans le cadre de recherches scientifiques » des tests qui ont mis en évidence que plusieurs d’entre eux révélaient une utilisation d’EPO [1].

Les journalistes de l’Equipe ont méthodiquement repris les numéros d’échantillons publiés dans les procès verbaux des prélèvements d’alors. Et ils ont découvert que six d’entre eux provenaient de Lance Armstrong.

La nouvelle a déjà provoqué un grand nombre de réactions. Le Nouvel Observateur en a recensé plusieurs dont celles d’anciens coureurs, qui ne laissent guère d’illusion sur la pureté du sport de compétition.

Cyrille Guimard, ancien directeur sportif : « Je pense qu’il s’agit là de la suite logique des choses. On est dans la normalité. Cela ne me surprend pas du tout dans le contexte de 99. Tout le monde savait que l’EPO n’était pas détectable et, par voie de conséquence donc, utilisé. »
Ou encore Raymond Poulidor : « Armstrong a dit qu’il n’avait jamais rien pris mais, à ce moment là, les pratiques ne se voyaient pas. C’est, bien-sûr, désolant. Vis-à-vis de la loi, je ne sais pas ce que l’on peut faire. La seule chose que l’on puisse noter, c’est qu’il faisait comme les autres. »

Ajout du 24/08/05 :
Une dépêche AP précise que « après avoir analysé à nouveau tous les échantillons B des Tours de France 1998 et 1999, soit près de 200 échantillons, dans le cadre d’une étude scientifique destinée à renforcer la fiabilité des tests de dépistage, le constat du directeur du laboratoire, Jacques de Ceaurriz, est sans appel. Une quinzaine d’échantillons d’urine prélevés en 1999 et « plus d’une quarantaine » d’autres en 1998 sont positifs à l’EPO ».

Lire aussi, dans le Nouvel Obs, un entretien avec Philippe Gaumont.

[1] L’EPO est une hormone de synthèse, qui, par le biais d’une augmentation de la population de globules rouges, permet une meilleure oxygénation musculaire et un gain possible de performances que les physiologistes évaluent à 30 % maximum.

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