Le démantèlement nucléaire au Royaume-Uni

vendredi 12 août 2005.par Philippe Ladame
 
Outre-Manche, les responsables envisagent d’accélérer le démantèlement des centrales nucléaires.

D’après BBC News la NDA (Nuclear Decommissioning Authority) [1] souhaite accélérer le rythme du démantélement, proposant de l’effectuer en 25 ans, pour un coût de 56 milliards de livres (plus de 80 milliards d’euros).

Il s’agit là d’une réévaluation puisque l’estimation précédente était de 48 milliards de livres. Sir Anthony Cleaver, président de la NDA, a cependant insisté sur le fait que de telles variations n’étaient pas étonnantes concernant un programme de longue durée et qui implique 20 sites [2].

Le souhait de la NDA d’accélérer le démantèlement provient probablement d’une analyse sur le coût très lourd d’un maintien des installations déclassées, que certains problèmes récents semblent préfigurer.
- Ainsi, à Sellafield, dans le sud de l’Ecosse, une fuite a été découverte en avril dernier, qui pourrait bien remonter à août 2004. Une enquête menée en juin a montré des « déficiences significatives » auxquelles il faut remédier.
- Pas loin de là, le site de Drigg, seul lieu de stockage des déchets de faible intensité, se trouve à un kilomètre de la côte ... qui s’érode d’un mètre chaque année.
- A Dounreay, tout au nord de l’Ecosse, du fait de « données historiques inappropriées » (inadequate historic records), la nature précise des déchets est incertaine, et la DNA s’interroge donc sur la manière de récupérer les matériaux.

Les plans précédents de démantèlement prévoyaient de premiers travaux sur 10, 15 ans, les « parties plus difficiles » à gérer devant être traitées dans les 70 ans suivants. « Cela revient à laisser les problèmes aux générations futures et, pendant ce temps-là, vous avez le souci de stockage, de précaution et de sécurité, » a déclaré Sir Anthony. « Nous croyons qu’il devrait être possible de démanteler ces centrales dans une période de 25 ans. »

Le projet de la NDA, qui doit faire l’objet de consultations jusqu’au 11 novembre et être formalisé en décembre, laisse certains sceptiques. « Nous nous demandons si l’un des vrais motifs de cette initiative de la NDA en faveur d’un nettoyage rapide des sites n’est pas de faire place nette pour de nouveaux réacteurs, » a expliqué Jean McSorley, de Greenpeace. « Pour nous, ce serait folie de nettoyer les sites juste pour faire de la place à de nouvelles centrales qui produiront encore plus de déchets pour les décennies à venir. »

[1] La NDA a été mise en place en avril 2005 avec mission d’organiser le démantèlement des centrales nucléaires en fin de production.

[2] La liste et la carte des sites est disponible dans l’article de BBC News.

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