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Une dépêche AFP du 9/08/05 fait le point sur les travaux de ce qui devrait être bientôt le plus grand parc éolien de France.
Cent kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, à 1.000 mètres d’altitude, sur le plateau d’Ally (Haute-Loire), sont en effet mises en place, cet été, vingt-six éoliennes de 1,5 MW et 122 mètres de haut, qui devraient commencer à produire de l’électricité cet automne.
La petite commune d’Ally est familière, depuis longtemps, de l’utilisation du vent. Récemment, la municipalité a restauré cinq de ses dix petits moulins à farine, en pierre et bois, construits entre 1800 et 1850 et les a transformé en musée ou en gîtes.
"Des moulins à vent à l’éolien, il n’y avait qu’un pas", dit Marie-Paule Olaganol, maire d’Ally, village de 200 habitants et vingt-cinq exploitations agricoles. "Les richesses de la commune tendent à disparaître avec la baisse du nombre d’agriculteurs", souligne Mme Olagnol. "Ce qui m’intéressait dans l’installation d’un parc éolien, c’était la production écologique d’électricité et ses retombées financières", ajoute-t-elle.
Une vingtaine de propriétaires ont accepté de participer au projet. Ils ont signé des baux de trente ans, renouvelables, avec l’entreprise canadienne Boralex qui leur versera 2.200 euros par an et par éolienne [1].
Les différentes collectivités territoriales vont, quant à elles, percevoir chaque année près de 700.000 euros de taxe professionnelle, dont 220.000 euros pour la commune d’Ally, qui entend utiliser cet argent pour améliorer l’assainissement et le réseau d’eau potable et développer son projet touristique.
Si l’implantation du parc éolien d’Ally/Mercoeur suscite l’adhésion de la population locale, elle est critiquée par l’association Vent des Volcans qui a écrit à Madame le Maire lui prédisant bien des déboires. « Vos soucis vont commencer quand vous constaterez avec angoisse le gigantisme de ces installations industrielles qui sont censer apporter à votre commune une ’ manne ’encore mal définie et qu’il faudra partager. Ils continueront quand les nuisances sonores et visuelles seront perçues et mal supportées par les habitants comme dans beaucoup de communes qui réalisent l’erreur après coup et dont nous avons de nombreux exemples. Vous constaterez que les conditions de sécurités ne sont pas respectées et qu’on est loin du principe de précaution ».
Cette association qui dit craindre un effet négatif sur le tourisme, insiste surtout sur le risque que représentent les éoliennes. D’après ses calculs, en cas de rupture du mât ou des pales, une éolienne de 115 mètres pourrait projeter un « missile » dans un rayon d’un kilomètre, zone qui devrait être neutralisée, selon l’association.
De nombreux points de vue (technique, environnemental, touristique, financier), l’implantation de ce parc éolien constituera un test important.
[1] Outre ces 26 éoliennes, la filiale française de Boralex est engagée, cette année, dans la construction d’un autre parc, de 12 éoliennes, en Ardèche. « Ce projet, pour lequel Boralex détiendra 95 % des parts, nécessitera un investissement de plus de 135 M $ CA (83,5 M Euros). La société Perfect Wind détiendra les 5 % restants. L’investissement sera financé en grande partie par une importante banque française. La totalité de l’énergie produite sera vendue à Électricité de France en vertu de contrats à long terme d’une durée de quinze ans » (source).