OGM : l’argument médical

mercredi 3 août 2005.par Philippe Ladame
 
Faut-il mettre les OGM à visées biomédicales dans le même sac que les autres ?

Selon le Nouvel Observateur du 2/08/05, deux parcelles de maïs OGM exploitées par la société Meristem Therapeutic ont été endommagées dans le Puy de Dôme, dans la nuit du 1er au 2 août [1].

« La parcelle de 3.000 mètres carrés située à Issoire et dédiée à la recherche sur la lipase gastrique (élément du maïs permettant une meilleure digestibilité des aliments pour les malades souffrant de mucoviscidose) était entièrement détruite. Implantée sur la commune voisine du Broc, l’autre parcelle de 15.000 mètres carrés de maïs transgénique consacrée à la recherche d’anticorps pour des applications médicales en cancérologie a été partiellement détruite, selon Jean-Luc Tronco, directeur du cabinet du préfet du Puy-de-Dôme ».

Les "Faucheurs Volontaires", qui dénoncent la tentative de Méristem et Biogemma d’imposer les OGM en plein champ par le biais médical, ont revendiqué cette action.

Dans un communiqué publié le 2/08/05, ils réaffirment leur « opposition à toute culture en champ de plante transgénique même si l’objectif proposé est de fabriquer une lipase gastrique car d’autres moyens existent pour fabriquer ce produit à partir de bactéries ou de levures en laboratoire clos ».

Depuis plus de 20 ans, en effet, la production de protéines d’intérêt pharmaceutique par transgénèse est pratiquée en laboratoire en utilisant des micro-organismes en incubateurs.

Les Faucheurs Volontaires font donc référence au rapport des quatre sages sur les essais OGM qui indiquait : "Les cultures de plantes OGM thérapeutiques en plein champ ne sont pas justifiées si la production des mêmes molécules utiles peut être obtenue en milieu confiné" (Documentation française 2003).

S’appuyant sur des prises de position de spécialistes de la recherche et de la santé, rassemblées sur le site Monde Solidaire, les opposants aux OGM insistent sur le fait que la culture en plein champ n’est pas la seule manière de produire les molécules nécessaires à la confection des médicaments.

Ils dénoncent donc le risque pris, pour un profit privé immédiat plus facile, que représenterait le recours croissant aux OGM et la diffusion incontrôlée, qu’ils jugent inévitable, des plantes génétiquement modifiées.

[1] FR3 signale qu’une nouvelle parcelle de maïs génétiquement modifié a été détruite le mardi 2 août après-midi à Neschers dans le même département.

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